La Banque de Maurice a maintenu son taux directeur à 4,75% lors de sa réunion du 13 août 2026. Une décision unanime du Comité de politique monétaire (MPC), qui traduit l'équilibre délicat entre une croissance qui ralentit et des pressions inflationnistes qui résistent.
Une décision prise à l'unanimité
La gouverneure Priscilla Muthoora Thakoor a justifié le statu quo en ces termes : « Cette décision équilibre une activité intérieure qui ralentit mais reste résiliente, avec des risques persistants à la hausse pour l'inflation. » Le taux de 4,75% est en vigueur depuis mai 2026, date à laquelle il avait été relevé de 25 points de base pour contenir la hausse des prix.
Une croissance qui ralentit mais tient
L'économie mauricienne a progressé de 2% au premier trimestre 2026, contre 3,4% un an auparavant. La Banque de Maurice maintient néanmoins sa prévision annuelle à 2,8%, soutenue par les secteurs des services, notamment le tourisme et les services financiers. Les recettes touristiques du premier semestre ont atteint Rs 55,9 milliards, en hausse de 17,9% sur un an, tandis que les arrivées ont progressé de 2,1% entre janvier et juillet.
L'inflation, le nœud du problème
Le taux d'inflation annuel a grimpé à 4,4% en juillet 2026, contre 3,7% le mois précédent, sous l'effet de la hausse des prix des biens de consommation. L'inflation sous-jacente (core inflation 2) atteint 6,2%, un niveau qui maintient la BoM en état d'alerte. La prévision d'inflation pour 2026 a toutefois été révisée à 5%, contre 5,5% initialement, grâce aux mesures de subvention sur les produits essentiels.
Un contexte international sous pression
Le FMI projette un ralentissement de la croissance mondiale de 3,5% en 2025 à 3% en 2026, avec une inflation globale attendue à 4,7%. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les perturbations des routes maritimes et la volatilité des prix pétroliers constituent autant de facteurs de risque pour une économie insulaire aussi ouverte que Maurice.
Pourquoi c'est important
La décision de la BoM envoie un signal de prudence aux opérateurs économiques : le cycle de resserrement monétaire n'est pas terminé, mais la banque centrale joue la carte de la stabilité avant d'aller plus loin. Pour les entreprises et les ménages, cela signifie que le coût du crédit restera élevé à court terme. À l'horizon 2027, la trajectoire dépendra des données — inflation, croissance, environnement global — que la BoM suivra de près avant tout ajustement.