[MAURICE] Investissements étrangers : après Rs 48 milliards de record, l'EDB fixe le cap à Rs 40 Md pour 2026-2027

Après un afflux record de Rs 48 milliards d'IDE en 2025 (+45 %), l'EDB cible Rs 38-40 Md pour 2026-2027. Six secteurs prioritaires, réformes législatives et E-Diaspora : Maurice consolide sa stratégie d'attractivité.

Maurice — Business.OI
Photo : Jess Loiterton / Pexels

Après une année 2025 historique à Rs 48 milliards d'investissements directs étrangers (IDE), soit une hausse de 45 % en un an, l'Economic Development Board (EDB) de Maurice recalibre ses ambitions pour 2026-2027 : Rs 38 à 40 milliards attendus, six secteurs prioritaires identifiés, et une réforme législative inédite en appui.

Un record qui interpelle

En 2025, Maurice a attiré Rs 48 milliards d'IDE — son meilleur résultat historique, contre Rs 33 milliards en 2024. La performance tient à plusieurs facteurs : la solidité de la Global Business Company (GBC) comme véhicule d'entrée, la réputation de stabilité de l'île, et l'attractivité de son régime fiscal. La France, l'Afrique du Sud, le Royaume-Uni, l'Allemagne, les États-Unis, la Suisse et les Émirats arabes unis figurent parmi les principaux pays sources sur les trois dernières années, selon le Premier ministre Navin Ramgoolam.

Une cible ambitieuse pour 2026-2027

L'EDB vise désormais Rs 38 à 40 milliards d'IDE pour la période 2026-2027, dans le cadre d'un plan d'action plus large qui intègre Rs 125 milliards d'investissements privés et plus de Rs 495 milliards d'exportations. Sur les 20 projets examinés représentant Rs 29,6 milliards, cinq (Rs 13,7 milliards) ont déjà été débloqués. Les 15 restants (Rs 15,9 milliards) sont toujours en attente de permis et licences secondaires.

Six secteurs dans le viseur

La diversification est au cœur de la stratégie : services financiers et gestion de patrimoine, économie bleue, sécurité alimentaire et agroindustrie, sciences de la vie et santé, innovation et économie numérique, et manufacture de haute technologie. L'objectif est de réduire la dépendance à l'immobilier et au tourisme — deux secteurs qui ont traditionnellement capté la majorité des IDE.

Des réformes pour accélérer

Le Business Facilitation Bill introduit le principe de Silent Agreement : toute demande administrative non traitée dans les délais sera considérée comme approuvée par défaut. En parallèle, la plateforme E-Diaspora ambitionne de connecter 3 000 professionnels mauriciens établis à l'étranger au tissu économique local. Les Occupation Permits délivrés ont bondi de 3 710 en 2018 à 10 550 en 2025, signe d'une attractivité croissante pour les talents étrangers.

Pourquoi c'est important

Maurice joue sur plusieurs tableaux : hub financier africain, passerelle vers l'Inde et l'Asie, et place de choix pour les capitaux à la recherche de stabilité dans l'Océan Indien. Le passage de Rs 33 à Rs 48 milliards en un an n'est pas un accident — c'est le résultat d'une stratégie cohérente construite sur plusieurs années. La question est désormais de savoir si l'île peut dupliquer cette performance dans un environnement mondial plus incertain, et surtout orienter ces flux vers les secteurs à plus forte valeur ajoutée.

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