Publié ce 24 juillet, le rapport partiel de l'Ibrahim Index of African Governance (IIAG) 2026 place l'île Maurice au troisième rang continental avec un score de 65,7 points. Le pays ne devance que deux co-leaders ex-aequo — le Rwanda et les Seychelles, tous deux à 76,6 points — confirmant le podium mauricien dans la gouvernance africaine.
Un classement qui rassure les investisseurs
Pour un décideur qui s'interroge sur la fiabilité d'une destination d'affaires dans l'Océan Indien, le message est clair : Maurice reste la référence institutionnelle de la région. Avec 65,7 points, l'île se hisse loin devant le Sénégal (4ème, 64,0 pts) et le Botswana (6ème, 57,8 pts). Le rapport souligne « la solidité des institutions mauriciennes » comme facteur clé de cette performance.
La Fondation Mo Ibrahim, dont l'IIAG couvre 54 pays africains sur des critères de sécurité, état de droit, participation citoyenne et développement humain, publiera son dataset complet le 31 octobre 2026. Les données partielles de juillet portent principalement sur la lutte contre la corruption et la gouvernance économique.
Le secteur privé tire la note, le public reste à la traîne
Le rapport identifie une tension structurelle : « la lutte contre la corruption dans le secteur privé enregistre les gains les plus nets, tandis que le secteur public stagne ». Pour Maurice, ce constat rejoint les critiques émises ces derniers mois par le FMI, qui avait appelé en juin à réduire la dette publique et à renforcer l'indépendance de la Banque de Maurice.
Business Mauritius, dans son mémorandum sur le Budget 2026-2027, avait précisément mis en garde contre une économie trop dépendante des dépenses publiques, plaidant pour une croissance « portée par des réformes ambitieuses, soutenues par l'investissement privé ». Le classement IIAG valide en partie cette orientation.
Pourquoi c'est important
Pour les partenaires étrangers, le classement IIAG est un signal de due diligence. Un pays bien positionné attire plus facilement des fonds de private equity, des sièges régionaux et des investisseurs institutionnels. À l'heure où Maurice cherche à consolider son rôle de hub financier pour l'Afrique et l'Océan Indien, cette 3ème place est une carte à jouer dans les salles de négociation de Dubaï, Londres ou Singapour.
La mise en garde sur le secteur public reste le point d'attention : si les réformes structurelles promises dans le budget 2026-2027 n'avancent pas assez vite, le score du prochain IIAG complet pourrait révéler des fragilités que les chiffres partiels d'aujourd'hui masquent encore.
Source : Fondation Mo Ibrahim, IIAG 2026 (données partielles, juillet 2026) / Business Mauritius / FMI.