Le secteur financier mauricien traverse une zone de turbulences. La révision des frais de licences de la Financial Services Commission (FSC), publiée le 1er juillet 2026, provoque une onde de choc dans l'industrie du Global Business. Selon un sondage récent, 93 % des 74 professionnels interrogés expriment une préoccupation très ou extrêmement élevée face à ces nouvelles tarifications.
Des hausses allant jusqu'à 300 %
Les Financial Services (Consolidated Licensing and Fees) (Amendment) Rules 2026 ont introduit des révisions tarifaires substantielles. Certains frais auraient bondi de 300 %, frappant particulièrement les structures cumulant plusieurs licences — comme une Global Business Company associée à une Investment Dealer Licence. Un dirigeant de gestion de patrimoine a chiffré l'impact pour sa seule entreprise à « une perte d'environ 50 000 dollars américains de revenus récurrents annuels ».
La compétitivité en question
L'enquête révèle que 86 % des opérateurs estiment que Maurice a perdu en compétitivité et 98,6 % anticipent que ces mesures constitueront un frein majeur pour conquérir de nouveaux marchés. Par ailleurs, 83,8 % citent la hausse des frais FSC comme la mesure la plus préoccupante — devant la fiscalité des hauts revenus introduite par le Finance Bill 2026.
Les Seychelles et Dubaï dans le viseur
Les destinations de repli mentionnées sont révélatrices : les Seychelles arrivent en tête avec 67,6 % des répondants évoquant une délocalisation potentielle, suivies du DIFC de Dubaï (60,8 %) et de Singapour (54,1 %). Avec 96 % des opérateurs anticipant des transferts d'activité dans les 12 prochains mois, le risque d'hémorragie est réel pour un secteur qui génère une part significative des recettes en devises de l'île.
Pourquoi c'est important
Le Global Business est l'un des piliers de l'économie mauricienne, aux côtés du tourisme et de la manufacture. Une érosion de la compétitivité dans ce secteur toucherait directement les recettes fiscales, l'emploi qualifié et la réputation internationale de la Place financière de Maurice. Le gouvernement devra trancher rapidement entre ses objectifs de recettes et la nécessité de préserver un écosystème qui a mis des décennies à se construire.
Sources : L'Express.mu / allAfrica