Du 18 au 22 août 2026, Port-Louis a accueilli le Forum des affaires Maurice-Zimbabwe, un rendez-vous économique bilatéral qui a rassemblé une délégation d'environ 30 opérateurs zimbabwéens. Au menu : plus de 100 réunions B2B, un protocole d'accord entre chambres de commerce, et une ambition claire — transformer le dialogue en investissements concrets.
Un protocole d'accord MCCI-ZNCC pour formaliser le partenariat
L'événement a été marqué par la signature d'un protocole d'accord entre la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) et la Zimbabwe National Chamber of Commerce (ZNCC). Cet accord cadre vise à structurer les échanges commerciaux entre les deux pays sur le long terme et à faciliter la mise en relation d'acteurs économiques des deux côtés.
Le ministre mauricien Ameer Meea a fixé l'ambition du forum en des termes nets : il s'agit de « passer du dialogue au business, du potentiel aux » investissements, et de renforcer les chaînes de valeur régionales et continentales. Un discours qui reflète la stratégie mauricienne de hub africain — utiliser sa position et ses réseaux pour capter et rediriger des flux économiques à l'échelle du continent.
100 B2B et des secteurs complémentaires
La délégation zimbabwéenne, représentant des secteurs aussi divers que les services financiers, l'agro-industrie, les énergies renouvelables, les TIC et l'immobilier, a participé à plus de 100 rendez-vous bilatéraux en cinq jours. La complémentarité des économies a rapidement émergé comme un angle fort.
Côté mauricien, les produits d'exportation identifiés incluent le sucre, les détergents, les produits médicaux, les peintures et les matériaux d'emballage. Côté zimbabwéen, c'est plutôt les matières premières agricoles — coton brut, produits agricoles, bois — qui constituent le potentiel d'exportation vers Maurice. Une complémentarité classique entre économie industrialisée et économie riche en ressources primaires.
Maurice comme hub vers l'Afrique australe
Ce forum s'inscrit dans la stratégie plus large de Maurice pour renforcer son rôle de pivot économique entre l'Océan Indien et le continent africain. Le Zimbabwe, membre de la SADC (Southern African Development Community), représente pour Maurice un accès à un marché de plus de 350 millions de consommateurs en Afrique australe — un potentiel que Port-Louis entend monétiser via ses réseaux financiers, juridiques et logistiques.
La population mauricienne de 1,3 million d'habitants est un atout paradoxal : trop petite pour absorber des volumes significatifs, elle oblige les opérateurs à penser régional et continental dès le départ. C'est précisément ce regard qui manque parfois à ses voisins de l'Océan Indien.
Pourquoi c'est important
Le Forum Maurice-Zimbabwe illustre une réalité méconnue : Maurice ne cherche pas seulement à attirer des investisseurs étrangers, elle cherche aussi à exporter son expertise économique vers des marchés africains en développement. Ce positionnement — à la fois investisseur et intermédiaire — est ce qui fait de l'île un acteur économique singulier dans l'Océan Indien. Pour les entreprises réunionnaises ou malgaches qui veulent accéder à l'Afrique australe, le réseau mauricien est souvent le chemin le plus court.