[MAURICE] FMI : dette publique à 86 % du PIB, l'île sous pression d'accélérer ses réformes

Le FMI alerte : la dette publique mauricienne atteint 86% du PIB. Croissance révisée à 2,8% en 2026. Réforme des pensions et indépendance de la banque centrale au cœur des recommandations.

Maurice — Business.OI
Photo : Bia Limova / Pexels

Dans le cadre de sa consultation annuelle au titre de l'Article IV, le Fonds monétaire international publie un diagnostic sévère sur les finances publiques mauriciennes : la dette publique a atteint 86 % du PIB à fin juin 2025, bien au-dessus du niveau considéré comme prudent pour une économie insulaire émergente. Les réformes engagées par le gouvernement sont saluées, mais jugées insuffisantes.

Une croissance solide sur fond d'équilibres fragiles

L'économie mauricienne a progressé de 3,2 % en 2025 et devrait atteindre 2,8 % en 2026, avant un rebond à 3,2 % à moyen terme selon les projections du FMI. L'inflation s'établissait à 4,1 % en juin 2026, mais est projetée à 6,4 % d'ici décembre, soit au-dessus de la cible officielle de 2 à 5 %.

Le Fonds relève que la consolidation budgétaire engagée par Maurice constitue un « pas dans la bonne direction », mais appelle à une accélération significative. Sans effort supplémentaire, la dette risque de rester durablement à des niveaux qui compriment la capacité d'investissement de l'État.

Cinq recommandations structurantes

Le FMI formule un programme d'action clair en cinq axes. Premier axe : « La consolidation budgétaire doit être intensifiée afin d'inscrire la dette publique sur une trajectoire durablement décroissante. » Deuxième axe : la réforme des pensions, jugée indispensable pour maîtriser les dépenses courantes tout en protégeant les populations vulnérables. Troisième axe : la politique monétaire, qui doit « rester prospective et être prête à être resserrée » pour ramener l'inflation dans la cible. Quatrième axe : le retrait des fonds non décaissés de la Mauritius Investment Corporation vers la Banque de Maurice, pour renforcer l'indépendance de la banque centrale. Cinquième axe : moderniser le climat des affaires et digitaliser l'économie pour soutenir la compétitivité à long terme.

Pourquoi c'est important

Une dette à 86 % du PIB, c'est environ deux fois le seuil de prudence recommandé par le FMI pour les petits États insulaires. Pour Maurice, qui s'est fixé l'objectif ambitieux de franchir les 50 milliards de dollars de PIB d'ici 2030, le temps presse. Sans consolidation budgétaire, le coût du service de la dette risque d'absorber les marges nécessaires aux investissements stratégiques — infrastructures, numérique, santé. Le message du Fonds est clair : les efforts engagés sont nécessaires, mais l'île doit accélérer.

Sources : Defi Media Group, ION News, Capmad (juillet 2026), FMI — Article IV Consultation 2026.

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