Le Fonds monétaire international vient de conclure sa mission Article IV à Maurice. Son verdict est sans ambiguïté : la trajectoire budgétaire est trop risquée, la dette trop lourde, et les réformes structurelles trop lentes.
Une croissance qui ralentit
L'économie mauricienne affiche une croissance de 3,2 % en 2025. Pour 2026, le FMI révise ce chiffre à la baisse : 2,8 %. La faute à un environnement mondial incertain — tensions géopolitiques, volatilité des taux d'intérêt globaux — et à une demande intérieure qui marque le pas. Les principaux moteurs restent le tourisme et les services financiers, mais leur dynamisme ne suffit plus à compenser les déséquilibres structurels.
Une dette publique à 88 % du PIB
C'est le chiffre qui inquiète le plus les économistes du Fonds. La dette publique de Maurice avoisine 88 % du PIB en 2025, un niveau jugé « incompatible avec la résilience à long terme ». Le FMI recommande un plan ambitieux d'assainissement budgétaire pour placer cette dette sur une trajectoire décroissante. En parallèle, le déficit courant devrait se creuser à 7,4 % du PIB en 2026, contre 7,1 % en 2025.
L'inflation : la surprise négative
L'inflation s'établit à 4,1 % en juin 2026, mais le FMI anticipe une accélération à 6,4 % en décembre 2026 — bien au-dessus de la cible de la Banque de Maurice (2 % à 5 %). Les prix de l'électricité (+14,4 %), du gaz ménager (+26,4 %), du diesel (+18,2 %) et du pain (+42,9 %) ont tiré l'indice vers le haut au deuxième trimestre. Une pression qui érode le pouvoir d'achat des ménages à un moment délicat.
Ce que le FMI demande concrètement
Les recommandations s'articulent autour de cinq axes : consolider le budget, renforcer l'indépendance de la Banque de Maurice, accroître la participation au marché du travail, moderniser le climat des affaires par la numérisation, et intégrer la résilience climatique dans les investissements publics. Des réformes qui, si elles aboutissent, devraient ramener le déficit courant à 3,2 % du PIB à moyen terme.
Pourquoi c'est important
Maurice reste une économie de référence dans l'océan Indien, avec un secteur financier pesant 12,4 % du PIB. Mais une dette à 88 % et une inflation qui s'emballe fragilisent la crédibilité de la place. Les investisseurs et décideurs régionaux suivront de près l'agenda de réformes annoncé par le gouvernement en réponse à ces conclusions — d'autant que le timing coïncide avec la mise en œuvre de la Stratégie Fintech 2026-2030.
Source : FMI Article IV, mai 2026 · IonNews, 17 juillet 2026 · Statistics Mauritius Q2 2026