Le Finance Bill 2026, adopté en procédure accélérée au Parlement, introduit une série de mesures fiscales inédites qui redessinent le paysage de l'économie numérique à l'île Maurice.
Une nouvelle tranche à 35 %
Première rupture majeure : les revenus annuels dépassant Rs 12 millions seront désormais imposés à 35 %. Une tranche jusqu'ici absente du système fiscal mauricien. Cette mesure, applicable à compter du 1er juillet 2026, concerne aussi les détenteurs de Premium et Golden Visa — ces télétravailleurs étrangers qui transfèrent des fonds à Maurice depuis l'étranger. Ils ne bénéficient de l'exemption que s'ils prouvent avoir déjà été imposés dans leur pays d'origine.
Publicités numériques et prestataires TIC dans le viseur
Le texte introduit une retenue à la source de 5 % sur les dépenses de publicité et de marketing effectuées via des plateformes numériques — qu'il s'agisse de Google, Meta ou d'autres intermédiaires. En parallèle, une retenue de 1 % s'appliquera aux paiements pour des services TIC dépassant Rs 300 000. Des mesures qui visent à mieux capter la valeur créée dans l'économie digitale locale.
Surveillance accrue des gros patrimoines
Pour renforcer le contrôle fiscal, la CWA et la CEB devront signaler toute facture d'eau ou d'électricité dépassant Rs 100 000. Les assureurs seront tenus de déclarer les véhicules assurés pour plus de Rs 2 millions. Un dispositif de surveillance patrimoniale transversal.
Des incitations pour compenser
Le texte n'est pas uniquement punitif. Les fabricants bénéficient d'un crédit d'impôt de 45 % pour l'achat de machines, l'intégration de l'IA et les brevets. Les start-ups dont le chiffre d'affaires est inférieur à Rs 100 millions profitent d'une exonération fiscale sur dix ans. Le plafond des indemnités de retraite exonérées est relevé à Rs 3,5 millions.
Pourquoi c'est important
Maurice joue depuis des années sur l'attractivité fiscale comme levier de développement. Cette réforme marque un tournant : le pays taxe désormais davantage l'économie de plateforme, les revenus élevés et la mobilité internationale. Le signal envoyé aux investisseurs étrangers et aux télétravailleurs sera scruté de près dans les prochains mois.
Source : L'Express Maurice / allAfrica, 28 juillet 2026