[MAURICE] Finance Bill 2026 : le taux d'imposition grimpe à 35 % et PwC recense onze nouvelles taxes en dix-sept ans

Le parlement mauricien a adopté fin juillet 2026 le Finance Bill 2026 qui introduit un taux d'imposition de 35 % pour les hauts revenus, une Digital Services Tax et une taxe plastique dès octobre. PwC recense 11 nouvelles taxes en 17 ans.

Maurice — Business.OI
Photo : Gabriel Oppenheimer / Pexels

Le parlement mauricien a adopté fin juillet 2026 le Finance Bill 2026, la réforme fiscale la plus ambitieuse depuis l'introduction du taux unique (flat tax) en 2009. Pour les décideurs, une date à retenir : 1er octobre 2026, date d'entrée en vigueur de plusieurs des nouvelles dispositions.

Un barème progressif qui rompt avec la flat tax

Le texte abandonne l'impôt à taux unique de 15 % pour introduire quatre tranches. Les premiers Rs 500 000 de revenu imposable sont exonérés ; la tranche suivante (jusqu'à Rs 1 million) est taxée à 10 % ; le palier intermédiaire monte à 20 % jusqu'à Rs 12 millions ; et les revenus dépassant ce seuil supportent désormais 35 % — soit plus du double du taux précédent pour les hauts revenus. Selon PwC Mauritius, cette grille redessine profondément le positionnement compétitif de l'île pour l'attraction des talents et des entrepreneurs internationaux.

Onze nouvelles taxes en dix-sept ans

Dans son analyse publiée le 5 août 2026, PwC recense onze nouvelles taxes pour les entreprises depuis 2009, dont plusieurs s'empilent avec le Finance Bill 2026. Parmi elles :

  • Une taxe de 5 % sur les primes d'assurance générale, avec obligation de déclaration mensuelle pour les assureurs ;
  • Un droit d'accise de Rs 2 par bouteille plastique, effectif au 1er octobre 2026, visant les importations et les ventes locales (hors produits essentiels : riz, farine, médicaments) ;
  • Une Digital Services Tax ciblant les fournisseurs étrangers de services numériques — que PwC juge susceptible de provoquer des mesures de rétorsion de la part des partenaires commerciaux.

La récupération de la TVA et les PME dans la tourmente

Le délai pour réclamer la TVA en amont est réduit de 36 à 24 mois, tandis que les autorités fiscales conservent une fenêtre d'évaluation de quatre ans — un déséquilibre que PwC qualifie de « non équilibré ». Du côté des microentreprises, Stephane Maurymoothoo, président du Regrupman Artizan Morisien (RAM), lance un avertissement : « On ne peut pas étouffer ceux qui portent une partie de l'économie. » L'augmentation du coût de l'assurance automobile affecte particulièrement les structures de 1 à 3 employés qui représentent l'épine dorsale de l'artisanat local.

La retraite des députés réformée

La loi introduit également une réforme structurelle pour les futurs parlementaires : passage d'un régime à prestations définies à un régime à cotisations définies — 6 % du revenu mensuel versé sur un compte individuel, accessible à 55 ou 65 ans. Une rupture avec le système d'avant qui accordait une pension immédiate après deux mandats.

Pourquoi c'est important

Depuis trente ans, l'île Maurice construisait son attractivité sur la fiscalité légère. Le Finance Bill 2026 marque un tournant : la pression budgétaire post-Covid, la hausse de la dette publique et les exigences du FMI poussent Port-Louis à élargir son assiette fiscale. Le pari est risqué — Maurice reste en compétition directe avec Dubaï, Singapour et les Seychelles pour capter les capitaux et les talents de l'Océan Indien. PwC est prudent : les intentions sont compréhensibles, mais l'accumulation de taxes envoie un signal d'inquiétude aux investisseurs.

Sources : PwC Mauritius (analyse du 5 août 2026), Defimedia, Le Mauricien, allAfrica.com.

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