Décision du Conseil des ministres du 24 juillet 2026. La Central Water Authority (CWA) et la Wastewater Management Authority (WMA) appliquent une révision tarifaire inédite depuis douze ans. Les consommateurs résidentiels ne sont pas concernés. En revanche, les opérateurs économiques — hôteliers, industries, promoteurs immobiliers — devront absorber des hausses comprises entre 10 % et 75 %.
Des écarts significatifs selon les profils
Les autorités ont segmenté la hausse en trois niveaux. Les clients non domestiques standard — hôtels, centres commerciaux, usines, entreprises d'embouteillage — verront leurs factures progresser de 10 % à 25 %. Les opérateurs prélevant directement de l'eau brute dans les cours d'eau ou nappes phréatiques sont frappés d'une hausse de 65 %. Le coup le plus rude est réservé aux projets immobiliers premium : Smart City, Integrated Resort Scheme (IRS), Real Estate Scheme (RES) et Property Development Scheme (PDS) enregistrent une hausse de près de 75 % sur leurs consommations d'eau et d'assainissement.
Douze ans sans révision
La justification officielle repose sur l'accumulation des coûts d'exploitation depuis 2014. Le directeur de la CWA, Shiam Thannoo, a déclaré : « Cette décision n'est pas prise de gaieté de cœur… nous le faisons dans l'optique d'optimiser nos ressources. » Le gouvernement pointe également la hausse de l'indice des prix à la consommation sur la décennie écoulée.
Quatre règlements d'application ont été approuvés par le Conseil des ministres pour encadrer les nouvelles grilles tarifaires de la CWA et de la WMA. Les modalités d'entrée en vigueur seront précisées lors de leur promulgation officielle.
Les ménages épargnés, les entreprises sollicitées
Le gouvernement a insisté sur le fait que les tarifs résidentiels restent inchangés. La stratégie consiste à faire porter l'effort financier sur les gros consommateurs commerciaux, afin de protéger les ménages tout en sécurisant la viabilité financière des deux autorités. Selon le ministre des Utilités publiques Patrick Assirvaden, un mètre cube d'eau est actuellement facturé 14 roupies alors que son coût réel de production s'élève à 24 roupies.
Pourquoi c'est important
Maurice n'avait pas touché à ses tarifs non domestiques depuis 2014. Cette correction va peser sur les marges des hôtels et de l'immobilier de luxe — deux piliers de l'économie mauricienne. Les secteurs les plus exposés devront répercuter une partie de ces hausses sur leurs coûts d'exploitation, dans un contexte où la compétitivité touristique reste primordiale pour l'île.