Le budget 2026-2027 de Maurice, présenté sous le thème « Future Ready Economy », marque un tournant dans la stratégie du centre financier international (IFC) de l'île. Avec des services financiers en hausse de 5 % en 2025 et une évaluation FATF critique prévue en 2027, Port-Louis accélère ses réformes structurelles.
Préparer l'évaluation FATF 2027 : l'enjeu cardinal
La grande priorité du budget est la préparation de l'évaluation mutuelle du Groupe d'action financière (FATF/GAFI) prévue en 2027. Le gouvernement renforce son cadre AML/CFT — lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme — en l'alignant sur les standards OCDE et FATF. L'enjeu est considérable : une évaluation défavorable pourrait compromettre le positionnement de Maurice comme passerelle de capitaux vers l'Afrique subsaharienne et l'Asie.
VCC, MINDEX, Open Banking : les trois piliers législatifs
Le budget introduit plusieurs réformes législatives majeures. La loi sur les Variable Capital Companies (VCC) est amendée pour permettre aux Protected Cell Companies (PCC) de se convertir en VCC, une flexibilité très attendue par les gestionnaires de fonds alternatifs. MINDEX Limited et MINDEX Clearing Limited sont officiellement reconnus comme infrastructures de marché, consolidant le dispositif boursier local.
Sur le plan numérique, le budget soutient le déploiement de l'Open Banking et le développement d'un écosystème d'actifs numériques, avec intégration des API bancaires en temps réel. Ces mesures rapprochent Maurice des standards des grands centres financiers mondiaux.
Durabilité obligatoire
Le Financial Reporting Act est amendé pour rendre obligatoire le reporting de durabilité, sous la supervision du Financial Reporting Council. Cette mesure répond aux exigences croissantes des investisseurs institutionnels et prépare Maurice à l'ère de la finance durable. Les structures Global Business Licence (GBL) maintiennent leur compétitivité malgré les réformes fiscales domestiques.
Pourquoi c'est important
Maurice joue une partition délicate : maintenir sa compétitivité comme IFC tout en répondant aux exigences réglementaires mondiales. Avec 741 milliards de dollars d'actifs GBC sous gestion, chaque réforme bien calibrée peut transformer l'île en aimant encore plus puissant pour les capitaux africains et asiatiques. Le budget 2026-27 prouve que les deux objectifs sont compatibles.