[MAURICE] Budget 2026-2027 : croissance à 3 %, PME et Tech au cœur du chantier, mais la compétitivité internationale en question

Croissance projetée à 3 %, dette réduite de 15 milliards de roupies, PME et IA en tête des priorités : le budget mauricien 2026-2027 est ambitieux, mais experts et investisseurs s'interrogent sur l'exécution et la compétitivité internationale.

Maurice — Business.OI
Photo : Katerina Chaloupkova / Pexels

Le budget mauricien 2026-2027 projette une croissance de 3 %, une réduction de la dette de 15 milliards de roupies et mise sur l'IA, l'économie bleue et les PME comme moteurs de transformation. Mais les experts alertent sur des risques d'exécution et l'impact d'une nouvelle taxe sur la responsabilité climatique qui pourrait décourager les investisseurs internationaux.

Une trajectoire de rigueur budgétaire

Le budget 2026-2027 affiche un objectif de 3 % de croissance économique accompagné d'une amélioration du déficit et d'une réduction de la dette publique de 15 milliards de roupies. Pour y parvenir, le gouvernement a procédé à des coupes de dépenses de 11 milliards de roupies pour compenser une chute de recettes de 20 milliards de roupies — en partie liée à l'incertitude autour de 10 milliards de roupies attendus des négociations sur Chagos.

Anthony Leung Shing de PwC résume les ambitions du texte : « Le budget pose des fondations solides et montre de grandes ambitions, mais le risque majeur demeure le niveau d'exécution. »

PME, IA et économie bleue en priorité

Les PME sont au cœur du dispositif, avec des mesures d'accompagnement, d'accès au financement et d'inclusion entrepreneuriale ciblant notamment les femmes entrepreneurs. L'investissement dans l'intelligence artificielle et la technologie est présenté comme un levier de compétitivité, dans la continuité de l'ambition mauricienne de se positionner comme hub numérique régional. L'économie bleue, la réforme des pensions et la fiscalité internationale complètent les grands chantiers ouverts.

Une taxe climatique qui inquiète le secteur financier

La nouvelle Corporate Climate Responsibility Levy suscite des inquiétudes dans la communauté des affaires internationale. Feroz Hematally d'IQ-EQ prévient que « les clients pourraient faire face à 1-2 % de taxation supplémentaire » et que des investisseurs envisagent de se rediriger vers Singapour, GIFT City ou Dubaï. La question de la compétitivité du cadre réglementaire mauricien face aux pôles financiers asiatiques reste ouverte.

Namita Jagarnath Hardowar soulève un problème plus structurel : au-delà des incitations fiscales, le budget favorise-t-il vraiment une culture entrepreneuriale ? Elle pointe les inégalités persistantes touchant les femmes chefs d'entreprise.

Des réformes courageuses mais perfectibles

Afsar Ebrahim de KICK Advisory Services salue le courage de la réforme des pensions tout en critiquant des incohérences dans les stratégies maritimes et énergétiques — notamment le traitement contradictoire de l'aquaculture et de la taxation du diesel. Un budget d'équilibres délicats, entre ambition de transformation et nécessité de rassurer les partenaires.

Pourquoi c'est important

Maurice est la place financière de référence de l'Océan Indien. Chaque signal envoyé par son budget est scruté par les investisseurs régionaux et internationaux. La capacité d'exécution des réformes annoncées déterminera si l'île confirme son statut de hub ou s'expose à une lente érosion de sa compétitivité.

Sources : Defi Media, Le Mauricien, PwC Mauritius, IQ-EQ, 2026.

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