[MAURICE] Bilan de clôture : Ramgoolam écarte la stagflation, croissance à 3 % malgré les vents contraires

Au PMQT du 29 juillet, Ramgoolam exclut la stagflation : croissance à 3 % en 2026, inflation en repli depuis le pic de 10,8 % (2022), chômage à 5,7 %. Les chantiers du second semestre : IA, PME, économie bleue.

Lors du Prime Minister's Question Time (PMQT) du 29 juillet 2026, le Premier ministre Navin Ramgoolam a fermement rejeté le scénario de la stagflation pour l'économie mauricienne, citant une croissance projetée à 3 %, une inflation en repli et un chômage au plus bas depuis seize ans.

Stagflation : une menace réelle, mais écartée

Interrogé sur les risques macroéconomiques liés aux conflits au Moyen-Orient et à l'instabilité des marchés mondiaux, Ramgoolam a rappelé la définition précise de la stagflation : « la combinaison simultanée d'une croissance stagnante ou en recul, d'une inflation persistante et d'un chômage en hausse ». Or, l'île Maurice ne remplit aucun de ces trois critères, a-t-il affirmé devant le Parlement.

Le taux de croissance attendu pour 2026 s'établit à environ 3 %, légèrement en retrait par rapport aux 3,2 % enregistrés en 2025 selon le FMI, mais cohérent avec un contexte mondial dégradé. Le premier ministre a reconnu que les tensions géopolitiques constituent « un risque réel » sur la croissance et les prix à l'importation, tout en soulignant la résilience démontrée de l'économie.

Inflation en repli, chômage au plancher

Après avoir culminé à 10,8 % en 2022 — sous l'effet conjugué de la guerre en Ukraine et du rebond post-Covid — puis à 7 % en 2023, l'inflation a amorcé une décrue notable en 2026. Le FMI avait confirmé ce mouvement dès mai dans son communiqué de fin de mission Article IV.

Du côté de l'emploi, le taux de chômage est tombé à 5,7 % en 2025, contre un pic de 9,2 % en 2020, et la tendance est positive pour les femmes comme pour les hommes. Un indicateur que l'opposition avait pourtant mis en avant pour alimenter le débat sur la précarité des nouveaux emplois créés.

Les chantiers du second semestre

Le Premier ministre a également rappelé les grandes lignes du budget 2026-2027 « Future Ready Economy » : création d'une zone économique dédiée à l'IA à Côte d'Or, dispositifs de financement renforcés pour les PME et les startups, modernisation du secteur manufacturier, développement de l'économie bleue, transition vers les énergies renouvelables et recrutement international de talents pour combler les pénuries dans certains secteurs clés.

Ces orientations font écho aux recommandations du FMI, qui avait appelé en mai à « renforcer l'espace budgétaire » tout en préservant l'investissement productif, dans un contexte de ralentissement mondial et d'incertitude prolongée.

Pourquoi c'est important

La clarté du message gouvernemental au moment où les marchés financiers mondiaux scrutent les économies émergentes sous pression est un atout de crédibilité pour Maurice. À l'heure où plusieurs pays de la région doivent négocier avec leurs créanciers, l'île affiche des fondamentaux qui rassurent. Reste à transformer ces indicateurs macro en création de valeur durable pour les entreprises et les ménages — c'est le vrai défi du second semestre.

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