La Banque africaine de développement (BAD) vient de publier son Rapport pays 2026 sur Maurice. Verdict : l'île est sur la bonne voie vers la Vision 2050, mais le chemin reste étroit et exige une mobilisation financière inédite.
Une croissance qui ralentit avant de rebondir
La BAD projette une croissance de 3 % en 2026 — en recul par rapport aux années précédentes — avant un rebond attendu à 3,8 % en 2027. Le moteur reste le trio services financiers, commerce de gros et détail, tourisme. En 2025, Maurice a enregistré un record historique de 1,44 million d'arrivées touristiques.
Côté prix, l'inflation devrait accélérer à 5,7 % en 2026, dépassant la cible de la Banque de Maurice (2–5 %), avant de refluer à 3,9 % en 2027.
Les finances publiques sous surveillance
Le déficit budgétaire est attendu à 6 % du PIB en 2026, en réduction progressive vers 3,7 % en 2027. La BAD fixe un jalon critique : la dette publique devra tomber sous 80 % du PIB d'ici 2029 pour rétablir les marges de manœuvre de l'État.
Les freins structurels à lever
Le rapport pointe plusieurs blocages qui menacent la trajectoire vers le revenu élevé : rigidités du marché du travail, inadéquation entre la formation et les besoins des entreprises, vieillissement de la population, déficits en eau, énergie et logistique portuaire, ainsi que des lacunes dans l'infrastructure numérique. Ces faiblesses structurelles limitent la productivité et freinent la compétitivité internationale.
Pourquoi c'est important
Maurice ambitionne de rejoindre le club des pays à revenu élevé à l'horizon 2050. Mais la BAD est claire : « une mobilisation des financements du développement à grande échelle » est indispensable. Sans réformes profondes sur le marché du travail, les infrastructures et le numérique, la Vision 2050 risque de rester un horizon qui recule. Le rapport arrive au moment où le gouvernement consulte la population sur les grandes orientations stratégiques du pays.
Source : Banque africaine de développement, Rapport pays 2026 sur Maurice, août 2026.