Le ministère malgache du Tourisme et de l'Artisanat a publié ses statistiques du premier semestre 2026 : les arrivées internationales ont progressé de 0,75 % sur la période, avec 71 190 visiteurs enregistrés au premier trimestre. Un chiffre en légère hausse, mais qui révèle la fragilité structurelle d'un secteur qui peine à se hisser au niveau de ses voisins de l'Océan Indien.
Une progression timide face aux ambitions affichées
À titre de comparaison, Maurice enregistrait une hausse de 17,9 % de ses recettes touristiques sur le premier semestre, et les Seychelles affichaient une progression de 13 % des arrivées en 2025. La Grande Île, première réserve de biodiversité de l'océan Indien, peine à transformer cet atout exceptionnel en flux touristique soutenu. Les causes sont connues : infrastructures aéroportuaires insuffisantes, connectivité limitée, image de destination perçue comme difficile d'accès.
Le gouvernement a placé le tourisme « au cœur des priorités » pour 2026, et la croissance économique est revue à la hausse à 6 % pour l'année — contre 4,8 % projetés initialement. Mais l'écart entre les ambitions affichées et la réalité du terrain reste important.
L'entrepreneuriat comme levier complémentaire
La Business Week organisée à Toliara en septembre 2026 a mis en lumière un autre visage de l'économie malgache : celui de l'entrepreneuriat jeune. L'incubateur Saramba Initiative a formé près de 1 000 jeunes et accompagné 70 femmes depuis 2021 dans les secteurs de l'agroalimentaire, de l'audiovisuel et du digital. Mais le financement reste le nerf de la guerre. « La demande est énorme », reconnaît le ministre de la Jeunesse, « mais les ressources insuffisantes. »
Pourquoi c'est important
Le tourisme représente l'un des premiers postes d'entrée de devises pour Madagascar. Une progression de seulement 0,75 % alors que le continent enregistre des taux à deux chiffres illustre l'urgence d'investissements ciblés : aéroports régionaux, nouvelles liaisons aériennes directes et formation professionnelle dans l'hôtellerie. La fenêtre d'opportunité existe — il s'agit maintenant de la saisir avant que la concurrence régionale ne se consolide définitivement.