[MADAGASCAR] Tourisme : +12 % au premier trimestre 2026, le pays cap sur le million de visiteurs d'ici 2028

71 190 arrivées au T1 2026 (+12 %), 536 Mds Ar de recettes, cap sur 1 million de touristes d'ici 2028 — mais le budget du ministère a été amputé de 98 %. Analyse de la reprise fragile de Madagascar.

Madagascar — Business.OI
Photo : Macedo Fotografo / Pexels

Madagascar enregistre 71 190 arrivées au premier trimestre 2026, soit une hausse de 12 % par rapport à la même période en 2025. Le secteur repart — mais le paradoxe budgétaire menace la durabilité de la reprise.

Une reprise concrète, chiffres à l'appui

Le ministère malgache du Tourisme confirme 71 190 arrivées de visiteurs non-résidents au T1 2026, un chiffre en hausse de 12 % sur un an. Sur les quatre premiers mois de l'année, le flux cumulé atteint environ 86 700 visiteurs, générant approximativement 536 milliards d'ariary de recettes (soit environ 118 millions d'euros au taux courant).

Le tourisme intérieur progresse également : les parcs nationaux ont accueilli 77 209 visiteurs malgaches en 2025, contre 70 715 l'année précédente (+9,2 %).

L'ambition : 1 million de touristes d'ici 2028

Le gouvernement Faly Andriamahaleo a fixé un cap ambitieux : porter les arrivées annuelles à 1 million de touristes d'ici 2028. À titre de comparaison, l'île comptait entre 280 000 et 350 000 visiteurs par an avant la pandémie. L'objectif implique de tripler les flux en moins de trois ans — un défi considérable qui nécessite des investissements massifs dans les infrastructures hôtelières, les transports et la formation.

Madagascar représente aujourd'hui environ 15 % de son PIB en lien direct ou indirect avec le secteur touristique.

Le paradoxe : un budget amputé de 98 %

Le contraste est saisissant : alors que les arrivées rebondissent, le budget alloué au ministère du Tourisme est passé de 961 milliards d'ariary en 2025 à seulement 16 milliards en 2026, soit une coupe de près de 98 %. Une décision qui laisse les professionnels du secteur perplexes et inquiets pour la durabilité de la reprise.

« La reprise est réelle, mais le secteur reste fragile », souligne une analyse du cabinet Mada Hotels Consultant. Sans investissement public dans la promotion, les transports régionaux et la formation professionnelle, la trajectoire vers le million de touristes risque d'être compromise.

Les marchés émetteurs

La France reste le premier marché source de Madagascar, suivie par les pays de l'Océan Indien (La Réunion, Maurice) et l'Allemagne. La montée des flux en provenance d'Asie du Sud-Est est à surveiller, en ligne avec les tendances régionales de l'archipel.

Pourquoi c'est important

Madagascar est en train de repositionner son tourisme sur une trajectoire de masse raisonnée, après des années d'instabilité. Pour les investisseurs hôteliers et les opérateurs régionaux, la fenêtre est ouverte : les prix fonciers restent attractifs, la demande monte — mais la viabilité dépend d'une cohérence entre ambition officielle et allocation budgétaire. La Grande Île ne peut pas viser le million de visiteurs avec 16 milliards de budget.

Sources : Mada Hotels Consultant (2026), Ministère du Tourisme Madagascar, allAfrica (février 2026)

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