[MADAGASCAR] Terres rares : Washington finance l'usine pilote d'Ampasindava, l'île entre dans la guerre des métaux critiques

Washington maintient son soutien à l'usine pilote de terres rares d'Ampasindava à Madagascar via la DFC. Avec 4 000 t d'oxydes visées par an, le projet entre dans la bataille mondiale des métaux critiques face à la Chine.

Madagascar — Business.OI
Photo : Jose E. Caceres Erbina / Pexels

BILAN CLÔTURE · La Direction générale du Trésor confirme cette semaine que Washington maintient son soutien à une usine pilote de terres rares à Madagascar via la Development Finance Corporation (DFC). Le gisement d'argile ionique d'Ampasindava, dans le nord de l'île, s'impose comme l'un des actifs miniers les plus stratégiques de l'ère post-dépendance chinoise.

Un gisement d'argile unique dans le nord de Madagascar

Le projet Ampasindava, développé par Harena Rare Earths (cotée à Londres), porte sur un gisement d'argile ionique dans le nord de Madagascar. Ce type de minerai, chimiquement proche des gisements chinois dominant le marché mondial, est plus facile à traiter que le minerai dur classique — un avantage de coût considérable au stade du traitement.

Harena vise une production d'environ 4 000 tonnes d'oxydes de terres rares par an, dont 1 700 tonnes de métaux à haute valeur destinés aux aimants permanents : néodyme, praséodyme, dysprosium et terbium. Ces métaux sont indispensables aux moteurs électriques de véhicules, aux équipements de défense et aux systèmes de guidage de précision.

Washington engage jusqu'à 4,84 millions $ pour l'usine pilote

La DFC peut investir jusqu'à 4,84 millions de dollars pour l'usine pilote, les tests en laboratoire et les programmes environnementaux. Dans un second temps, la mise de fonds américaine pourrait atteindre 150 millions de dollars — l'enveloppe totale estimée du projet — sous réserve de due diligence et d'autorisations réglementaires.

Le Département d'État américain a présenté ce soutien comme une réponse directe aux investissements « opaques et prédateurs » de concurrents dans les ressources africaines. Pour le raffinage, Harena explore des partenariats avec MP Materials, USA Rare Earths et Solvay aux États-Unis et en Europe — aucun contrat n'est encore signé.

L'enjeu géopolitique : briser la dépendance à la Chine

La Chine contrôle aujourd'hui plus de 85 % du raffinage mondial des terres rares et n'hésite plus à déployer des contrôles à l'exportation comme outil de pression géopolitique. Madagascar, avec son gisement d'argile ionique à Ampasindava, représente l'une des rares alternatives crédibles à la chaîne sino-centrée pour les terres rares lourdes — les plus précieuses sur le plan industriel.

Le ministère malgache des Mines n'a pas encore délivré le permis d'exploitation. Harena espère démarrer la production commerciale vers le milieu de 2028, une date conditionnelle à l'obtention des autorisations nécessaires.

Pourquoi c'est important

Pour Madagascar, c'est l'entrée dans la géopolitique des métaux critiques — l'un des enjeux stratégiques majeurs de la décennie 2026-2036. Le projet Ampasindava ne se joue pas seulement à l'échelle locale : il s'inscrit dans une bataille mondiale pour sécuriser les chaînes d'approvisionnement des véhicules électriques, de la défense et de la transition énergétique. Si Washington confirme son soutien au stade commercial, Madagascar pourrait devenir l'un des seuls producteurs non-chinois de terres rares lourdes — un atout de premier plan pour attirer des capitaux étrangers bien au-delà de ce seul projet et renforcer la souveraineté minière de l'île.

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