Le ministre malgache de l'Économie et des Finances, Herinjatovo Ramiarison, a annoncé lors d'une émission spéciale sur les médias publics que la prévision de croissance pour 2026 est désormais révisée à 6 %, contre 4,8 % dans la loi de finances initiale. Un bond de 1,2 point qui, s'il se confirme, placerait Madagascar parmi les économies africaines les plus dynamiques de l'année.
Un pas d'avance sur la loi de finances
La révision est significative : passer de 4,8 % à 6 % représente une accélération d'un quart par rapport à la trajectoire initiale. Le ministre l'impute à plusieurs leviers convergents : une amélioration des relations entre l'État et le secteur privé, le rétablissement de la confiance vis-à-vis des partenaires techniques et financiers, et la dynamique amorcée par les Assises nationales pour la relance économique.
Ces assises, qui ont réuni acteurs publics et privés, devraient déboucher sur un Plan de relance structuré et opérationnel, dont les premiers effets sont déjà intégrés dans la prévision actualisée. Une loi de finances rectificative (LFR) est programmée au milieu de l'année pour recalibrer la trajectoire et contrôler l'exécution budgétaire côté recettes et dépenses.
Des risques à ne pas minimiser
La loi de finances elle-même identifie plusieurs facteurs susceptibles de contrarier cette dynamique : l'incertitude autour du renouvellement de l'AGOA (African Growth and Opportunity Act, accord commercial avec les États-Unis), les tensions géopolitiques mondiales et la volatilité des cours des matières premières — dont dépend une part significative des exportations malgaches.
L'accès au marché américain via l'AGOA est particulièrement stratégique pour le secteur textile, premier employeur industriel du pays. Toute perturbation dans ce couloir commercial pourrait rogner rapidement les gains de croissance escomptés.
Pourquoi c'est important
Une croissance de 6 % à Madagascar, si elle se matérialise, enverrait un signal fort à l'ensemble du bassin de l'Océan Indien. Madagascar représente un marché de plus de 28 millions d'habitants et constitue un voisin naturel de La Réunion, Mayotte, les Comores et Maurice. Une économie en accélération crée des opportunités d'investissement, d'exportation et de partenariat que les entreprises régionales ont tout intérêt à saisir avant que la fenêtre ne se ferme.
Les acteurs régionaux devraient suivre de près l'évolution des Assises nationales et la publication du Plan de relance, qui préciseront les secteurs prioritaires ouverts à l'investissement privé.
Sources : ministre Ramiarison / 2424.mg, loi de finances initiale 2026, novembre 2026.