Le gouvernement malgache a intensifié ses appels aux investisseurs étrangers pour développer sur place la transformation des minerais extraits du sous-sol national. Alors que Madagascar figure parmi les pays les mieux dotés du monde en ressources minérales, la quasi-totalité de la production est exportée brute, privant l'île de la valeur ajoutée industrielle.
Un sous-sol exceptionnel, une transformation encore embryonnaire
Madagascar possède des gisements de nickel, cobalt, titane, ilménite, graphite et pierres précieuses — des ressources stratégiques dont la demande mondiale explose avec la transition énergétique et la montée des véhicules électriques. Pourtant, le modèle dominant reste celui de l'exportation de matières premières brutes. L'ambition du gouvernement : faire émerger une filière de transformation locale qui permette à Madagascar de capter davantage de valeur sur sa propre richesse minérale.
Base Toliara et QMM : des projets structurants en cours
Deux projets incarnent cette dynamique. Le projet Base Toliara, porté par Base Resources, représente un investissement de 778 millions de dollars dans l'extraction de sables minéralisés (ilménite, zircon, rutile) dans le sud-ouest de l'île, avec une première production attendue en 2028. De son côté, QMM Rio Tinto, présenté au Mining Indiba 2026, a contribué à projeter Madagascar sur la carte minière africaine de référence. Ces projets ouvrent des opportunités directes pour les équipementiers, les prestataires logistiques et les sociétés de services industriels.
Les défis restent majeurs
L'attractivité minière de Madagascar se heurte encore à plusieurs obstacles : stabilité du cadre juridique et fiscal, infrastructures insuffisantes (routes, ports, énergie), et enjeux de gouvernance locale. Les investisseurs potentiels attendent des signaux clairs de sécurisation des contrats et de partage équitable de la rente minière avec les communautés locales.
Pourquoi c'est important
Pour Madagascar, la transformation locale des minerais n'est pas seulement une question économique : c'est un levier de développement structurel qui pourrait changer durablement l'équation de croissance du pays. Les acteurs régionaux de l'Océan Indien — notamment mauriciens et réunionnais — y voient également des opportunités de services financiers, de logistique et d'ingénierie à saisir dans une fenêtre qui s'ouvre progressivement.