Le ministère malgache des Finances a ouvert, le 5 septembre 2026, des consultations inclusives pour préparer le Projet de Loi de Finances Initiale 2027. Une démarche inédite par son ampleur, associant les représentants du secteur privé et de la société civile avant le dépôt du budget au Parlement.
Une concertation en deux temps à Anosy
Le ministère de l'Économie et des Finances a organisé à Anosy deux sessions distinctes : l'une avec les organisations professionnelles privées, l'autre avec les représentants de la société civile. Côté secteur privé, le Groupement des Petites et Moyennes Entreprises (GPME), la Fédération des Chambres de Commerce et d'Industrie de Madagascar (FCCIM), l'EFOI et la CMAM ont pris part aux échanges, aux côtés de l'Economic Development Board of Madagascar (EDBM).
La société civile, elle, a mis en avant l'urgence d'améliorer l'accès à l'eau et à l'électricité comme conditions préalables au développement local, à la réduction de la pauvreté et à l'accès équitable aux services essentiels dans les régions les plus vulnérables.
Les priorités du secteur privé : fiscalité, paiements, compétitivité
Les entreprises ont soulevé trois grandes préoccupations. Premièrement, la fiscalisation des artisans : le secteur réclame une catégorisation adaptée à leur réalité, pour ne pas étrangler un tissu économique informel en voie de formalisation. Deuxièmement, les délais de paiement de l'État, systématiquement cités comme un frein à la trésorerie des PME qui contractent avec le gouvernement. Troisièmement, le retard de productivité de Madagascar par rapport à la moyenne subsaharienne, qui exige des mesures structurelles dans le PLFI 2027.
« Les entreprises peuvent encore soumettre des propositions si certains points n'ont pas été abordés », a précisé un représentant du ministère, soulignant l'ouverture à un dialogue continu.
Pourquoi c'est important
Le PLFI 2027 est un signal fort pour les investisseurs. Dans un contexte où Madagascar a révisé à la hausse sa prévision de croissance à 6 % pour 2026, la qualité du budget 2027 déterminera la capacité de l'État à financer les infrastructures critiques — eau, énergie, routes — sans lesquelles la croissance reste fragile. Une concertation ouverte, menée avant les arbitrages inter-ministériels, est aussi un gage de transparence fiscale que les partenaires au développement et les marchés surveillent de près.
Les contributions issues de ces sessions alimenteront la politique économique et sociale de Madagascar pour l'année 2027. Le PLFI devrait être déposé au Parlement à l'automne, suivant le calendrier établi l'année précédente.
Sources : Newsmada, Capmad — 5 septembre 2026