Le ministère des Finances de Madagascar a engagé, au mois de septembre 2026, les consultations préliminaires en vue de l'élaboration du Projet de Loi de Finances Initiale (PLFI) 2027. À Anosy, des séances de travail ont réuni les représentants du secteur privé et de la société civile autour des grandes priorités budgétaires pour l'exercice à venir — une démarche participative rare dans la région qui illustre l'ambition des nouvelles autorités de rompre avec une culture budgétaire opaque.
Énergie, eau et services publics au cœur des arbitrages
Les échanges ont fait ressortir trois priorités consensuelles. L'énergie arrive en tête : l'extension de l'accès à l'électricité reste un prérequis indispensable à toute stratégie de développement économique, alors qu'une majorité de la population malgache n'a toujours pas accès à un réseau fiable. L'eau potable et les infrastructures d'assainissement constituent le deuxième chantier, avec des lacunes criantes dans les zones rurales et périurbaines. Enfin, l'amélioration de la prestation de services publics dans les régions vulnérables a été identifiée comme un levier essentiel de réduction des inégalités territoriales.
Le secteur privé, représenté par le GPME, la FCCIM, l'EFOI, la CMAM, des entrepreneurs individuels et l'EDBM (Economic Development Board of Madagascar), a également soulevé des préoccupations récurrentes : délais de paiement de l'État, transparence fiscale, catégorisation des artisans dans le régime d'imposition, et développement équitable des infrastructures sur l'ensemble du territoire.
Un contexte de remontée en croissance
Cette concertation se déroule dans un contexte économique en amélioration. La Loi de Finances 2026 avait affiché une prévision de croissance de 4,8 % pour l'exercice en cours, portée par le secteur minier, l'agribusiness et la dynamique des investissements étrangers. Pour le PLFI 2027, les autorités souhaitent consolider cette trajectoire tout en répondant aux attentes sociales exprimées lors de la transition politique de 2025.
L'EDBM, qui joue un rôle clé dans l'attraction des investissements directs étrangers, a insisté sur la nécessité de simplifier le cadre réglementaire des affaires et d'accélérer la digitalisation des procédures administratives pour améliorer le classement de Madagascar dans les indices internationaux de facilité des affaires.
Pourquoi c'est important
La démarche participative engagée par le ministère des Finances malgache envoie un signal positif aux partenaires internationaux et aux investisseurs privés. Dans un pays où la visibilité budgétaire a souvent fait défaut, l'ouverture de la concertation en amont du dépôt du PLFI témoigne d'une volonté de gouvernance économique plus inclusive. Pour l'Océan Indien, Madagascar reste un territoire à fort potentiel — et la qualité de son cadre budgétaire conditionne directement la confiance des bailleurs multilatéraux et des opérateurs privés régionaux.