La ruée vers les permis a commencé. Le 29 janvier 2026, le gouvernement malgache a mis fin à un moratoire de seize ans sur l'attribution des permis miniers. Depuis lors, quelque 1 650 dossiers de demandes de permis s'accumulent dans les registres du Bureau du Cadastre Minier de Madagascar (BCMM), témoignant d'un appétit considérable des opérateurs et des investisseurs pour les ressources du sous-sol malgache.
Seize ans de gel : un moratoire devenu frein structurel
Instauré en 2010 à la suite d'une instabilité politique, le moratoire s'était transformé en véritable frein à l'investissement. Madagascar dispose pourtant d'un sous-sol parmi les plus riches du monde : nickel, cobalt, graphite, ilménite, terres rares.
Durant cette période, le résultat le plus frappant fut de seulement 13 kilogrammes d'or officiellement déclarés sur une production réelle estimée à des centaines de fois cette quantité — révélant l'ampleur de l'extraction artisanale et illégale.
L'or toujours exclu, le reste relancé
Le gouvernement n'a pas levé le gel sur l'ensemble des minerais. L'or reste soumis à moratoire, le gouvernement reconnaissant son incapacité actuelle à réguler efficacement le secteur aurifère. Mais pour la quasi-totalité des autres substances minérales, la délivrance de nouveaux permis a repris.
Le ministre des Mines Carl Andriamparany a affirmé que « les permis miniers sont des outils essentiels permettant aux opérateurs et aux investisseurs de travailler légalement ». En 2024, le secteur extractif avait déjà contribué à une croissance de plus de 4 % de son sous-secteur, malgré le blocage.
Des enjeux environnementaux à ne pas sous-estimer
La relance s'accompagne d'un chantier réglementaire important. Madagascar abrite certains des écosystèmes les plus menacés et les plus uniques de la planète. Le gouvernement a annoncé un renforcement des évaluations d'impact environnemental comme condition préalable à l'attribution des permis.
Pourquoi c'est important
Avec 1 650 dossiers en attente, le pays dispose d'un potentiel d'investissements miniers qui pourrait transformer radicalement ses recettes d'exportation et son PIB. Mais la rapidité du traitement, la qualité de la gouvernance et la rigueur des contrôles environnementaux détermineront si cette ouverture sera une chance ou un nouveau cycle de ressources mal valorisées.