Une mission conjointe de l'ONU et de l'Union africaine a séjourné à Antananarivo du 12 au 19 juillet 2026 pour évaluer les conditions d'accompagnement de la concertation nationale malgache. Son verdict : le processus peut avancer, à condition que l'inclusivité soit garantie. Une deuxième mission tripartite est attendue dès août ou septembre 2026.
Neuf mois de suspension, une sortie de crise en vue ?
Depuis le changement de pouvoir du 13 octobre 2025 et la suspension immédiate de Madagascar de l'Union africaine — prononcée deux jours plus tard, le 15 octobre — l'île avance en dehors du cadre institutionnel continental. Cette marginalisation a des conséquences directes sur l'environnement des affaires : gel de certains financements multilatéraux, incertitude pour les investisseurs étrangers, et accès limité aux mécanismes de la ZLECAf.
La mission juillet : inclusivité avant tout
L'envoyé spécial de l'UA, Mohamed Idriss Farah, et le représentant spécial des Nations Unies auprès de l'UA, Parfait Onanga-Anyanga, ont insisté sur un principe non négociable : la concertation nationale doit être « inclusive ». En clair, toutes les composantes de la société civile, de l'opposition et des formations politiques doivent y participer. Le gouvernement de transition, dirigé par le chef de l'État le Colonel Michaël Randrianirina et le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, a reçu la délégation internationale dans ce contexte de dialogue sous pression.
Les trois organisations se coordonnent
ONU, UA et SADC (Communauté de Développement de l'Afrique Australe) harmonisent désormais leurs positions et leur communication. Ce front commun est inédit dans la gestion de la crise malgache et envoie un signal fort aux autorités de transition : la réintégration au sein de l'UA implique des avancées concrètes et mesurables sur la feuille de route électorale, avec pour objectif l'organisation d'une élection présidentielle.
L'enjeu économique de la réintégration
Le retour de Madagascar dans le concert des nations africaines représente bien plus qu'un symbole diplomatique. Il conditionne l'accès à des lignes de financement de la Banque africaine de développement, la pleine participation aux réunions de la ZLECAf, et la restauration de la confiance des investisseurs. Les partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale qui a débloqué 425 millions de dollars en deux tranches distinctes depuis début 2026, maintiendront leurs engagements, mais l'incertitude politique reste le principal frein à l'attractivité du pays.
Pourquoi c'est important
Madagascar est la quatrième économie de l'Océan Indien. Son retour à la stabilité institutionnelle est un facteur de dynamisme pour l'ensemble de la région. La prochaine mission tripartite — prévue pour août ou septembre 2026 — sera déterminante : ses conclusions dessineront le calendrier concret du retour à l'ordre constitutionnel, avec comme horizon la date butoir de mars 2027 pour l'ensemble du processus de concertation nationale.