Madagascar frappe fort sur la scène du financement international. Lors de la 11e Assemblée annuelle de la Banque asiatique d'infrastructure et d'investissement (AIIB), tenue à Doha en septembre 2026, la délégation malgache a consolidé un portefeuille de 353,28 millions de dollars de financements en cours d'instruction ou d'exécution — de quoi transformer en profondeur la connectivité et la résilience énergétique du pays.
Quatre projets phares pour désenclaver et décarboner
Le programme multimodal de transport et de logistique représente le chantier le plus ambitieux : 100 millions de dollars de l'AIIB, complétés par 200 millions de dollars de la Banque mondiale, pour moderniser les axes routiers, ferroviaires, maritimes et aériens à travers huit régions du pays. Un projet qui dessine une nouvelle géographie économique pour une île dont l'enclavement est historiquement un frein à la compétitivité.
Le deuxième volet — 83,28 millions de dollars — cible le développement des corridors et la facilitation des échanges (Corridor Development and Trade Facilitation II), avec pour objectif de renforcer la connectivité régionale de Madagascar vers l'Afrique australe et les économies de l'Océan Indien.
Sur le plan énergétique, le projet hydroélectrique de Volobe mobilise 100 millions de dollars pour une capacité de 120 MW — une contribution significative à la transition électrique d'un pays dont le taux d'accès à l'énergie reste parmi les plus faibles du continent. Enfin, 70 millions de dollars supplémentaires sont proposés pour le projet Havelo Mandrare, axé sur la résilience climatique et les investissements sur la Route nationale 13.
Un message clair porté à Doha
La délégation malgache, conduite par le ministre de l'Économie et des Finances, le Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison, a plaidé pour « renforcer les capacités de transport, diversifier le mix énergétique et réduire la vulnérabilité climatique » du pays. Un discours qui résonne avec la stratégie de l'AIIB pour sa deuxième décennie : viser quelque 20 milliards de dollars de financements annuels à l'horizon 2030.
Pourquoi c'est important
Pour Madagascar, 353 millions de dollars de projets AIIB représentent bien plus qu'un signal financier. C'est un levier de transformation structurelle : des routes pour ouvrir les marchés agricoles intérieurs, de l'électricité pour alimenter l'industrie naissante, des corridors pour s'insérer dans les flux commerciaux régionaux. Pour l'Océan Indien dans son ensemble, un Madagascar mieux connecté est un partenaire commercial plus robuste et une destination d'investissement plus crédible.
Sources : Madagascar Newsroom, Madagascar Tribune — septembre 2026.