C'est une journée décisive pour les finances publiques malgaches. Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) siège ce 30 septembre 2026 à Washington pour examiner les troisième et quatrième revues combinées des programmes FEC (Facilité élargie de crédit) et FRD (Facilité pour la résilience et la durabilité) de Madagascar. L'enjeu : quelque 183 millions de dollars de décaissements dont dépend une partie de l'équilibre budgétaire du pays.
Un dossier sous haute tension
La revue combinée, initialement prévue plus tôt dans l'année, avait été reportée en août faute d'accord sur un point central : la politique de prix des carburants à la pompe. Le gouvernement malgache avait suspendu le mécanisme d'ajustement automatique des prix dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques. Or, le FMI insiste sur le maintien de ce mécanisme pour préserver les finances publiques et limiter les subventions implicites.
Selon le ministre des Finances, Madagascar aurait rempli « la quasi-totalité des critères convenus avec le FMI », à l'exception de cette question cruciale. Une demande de dérogation officielle a été déposée auprès du Fonds pour non-respect de l'un des critères de réalisation. C'est précisément sur cette dérogation — et sur la modification de certains critères — que le conseil d'administration doit se prononcer.
Les enjeux structurels du programme
Au-delà de la question des carburants, les programmes FEC et FRD poursuivent des objectifs de fond : mobilisation accrue des recettes fiscales (Madagascar affiche l'un des ratios impôts/PIB les plus faibles du continent), redressement de la Jirama (compagnie nationale d'électricité chroniquement déficitaire) et renforcement de la résilience climatique face aux cyclones récurrents.
La situation macroéconomique reste fragile : une croissance estimée autour de 3 % en 2026, une inflation toujours élevée à 8,5 %, et une dépendance forte aux financements extérieurs. La décision du FMI conditionnera également la confiance des autres bailleurs de fonds multilatéraux dans les prochains mois.
Pourquoi c'est important
Un feu vert du FMI ce 30 septembre libèrerait une enveloppe substantielle à un moment critique du calendrier budgétaire de Madagascar. Un rejet ou un report supplémentaire pèserait sur la crédibilité des réformes engagées et risquerait de creuser davantage le déficit de financement de l'État. Les résultats officiels sont attendus à Antananarivo dans les premières heures du 1er octobre 2026. Pour les investisseurs actifs dans la Grande Île, cette décision constitue un signal majeur sur la trajectoire de gouvernance économique du pays.
Sources : FMI, 2424.mg, Madagascar Tribune, Midi Madagasikara