Le Fonds monétaire international a approuvé deux décaissements cumulés de 155 millions de dollars pour Madagascar, à l'issue de la validation conjointe des troisième et quatrième revues du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (ECF) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF).
Ce que le Conseil d'administration a validé
Le décaissement se décompose en deux volets : 73,32 millions de DTS — soit environ 100 millions de dollars — au titre de l'ECF, et 40,73 millions de DTS — environ 55 millions de dollars — au titre du RSF. Le Conseil d'administration a qualifié la mise en œuvre du programme de « globalement satisfaisante ». La mission était conduite par Constant Lokeng, qui a présenté ses conclusions lors d'un point de presse à Antananarivo.
Trajectoire de croissance confirmée
Le FMI maintient ses projections à 3,1 % pour 2025, 3,8 % pour 2026 et 4,5 % pour 2027 — sous réserve de stabilité politique, de maîtrise du prix du pétrole et de résistance aux chocs climatiques. Madagascar est actuellement en transition politique et fait face à des déficits chroniques d'électricité et d'eau, à des difficultés dans le secteur extractif et à une exposition continue aux cyclones.
Les exigences du Fonds pour la suite
Le FMI demande à Antananarivo d'augmenter les dépenses dans la santé, l'éducation et la protection sociale, tout en renforçant la collecte fiscale et douanière. Sur les subventions aux carburants — qui bénéficient davantage aux ménages aisés —, un retour complet au mécanisme d'ajustement automatique des prix est prévu à partir de janvier 2027. L'économiste Rivo Rakotoarisoa résume l'enjeu : « Transformer cette marge de financement en résultats économiques qui s'inscrivent dans la durée. »
Pourquoi c'est important
Pour les investisseurs et les partenaires de développement actifs à Madagascar, la double validation ECF-RSF constitue un signal fort de crédibilité budgétaire. Elle ouvre la voie à des cofinancements additionnels — notamment de la Banque mondiale et de la BAD — et renforce la capacité du pays à attirer des capitaux privés dans un contexte institutionnel encore fragile. Le Cap 155 millions constitue également un plancher de liquidité essentiel pour financer les réformes structurelles en cours sans recourir à l'emprunt commercial.