[MADAGASCAR] Développement : la BAD appelle à mobiliser 7,3 milliards de dollars par an d'ici 2030

Le rapport 2026 de la BAD sur Madagascar révèle un besoin de 7,3 milliards de dollars par an d'ici 2030. La croissance ralentit à 3 % en 2026, mais un rebond à 4,5 % est attendu dès 2027 sous conditions.

Madagascar — Business.OI
Photo : SINAL Multimédia / Pexels

La Banque africaine de développement (BAD) a publié son rapport-pays 2026 sur Madagascar, et le chiffre est saisissant : l'île doit mobiliser 7,27 milliards de dollars par an d'ici 2030 pour financer sa transformation économique. Un défi colossal pour un pays dont le PIB par habitant reste parmi les plus bas du monde.

Une croissance qui résiste mais qui ralentit

Après une croissance de 4,3 % en 2024, Madagascar a vu son rythme fléchir à 3,2 % en 2025, sous l'effet conjugué d'une agriculture fragilisée, d'un secteur des services en mutation et d'un environnement des investissements encore incertain. La BAD projette une croissance de 3,0 % pour 2026, avant un rebond attendu à 4,5 % à partir de 2027 — à condition que les réformes structurelles soient engagées.

Les secteurs à fort potentiel

Le rapport identifie cinq moteurs de croissance prioritaires : les industries extractives (nickel, cobalt, graphite), le tourisme, les télécommunications, l'infrastructure et l'amélioration du climat des affaires. Madagascar dispose d'atouts naturels considérables, mais leur valorisation nécessite des investissements massifs dans les routes, l'énergie et la connectivité numérique.

Adam Amoumoun, directeur-pays de la BAD pour Madagascar, a insisté sur la nécessité d'« accélérer les réformes pour diversifier les sources de financement et renforcer les capacités de mobilisation des ressources ». Le rapport préconise notamment l'adoption de la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD).

Pourquoi c'est important

7,27 milliards de dollars par an, c'est bien plus que l'aide internationale et les investissements directs étrangers actuellement captés par Madagascar. Ce gap de financement révèle l'ampleur du défi : le pays ne peut se permettre de compter uniquement sur l'aide extérieure. La mobilisation des ressources domestiques — fiscalité, marchés financiers locaux — et l'attraction d'investissements privés régionaux devront monter en puissance. Pour les investisseurs de l'Océan Indien, Madagascar représente un terrain à fort potentiel si les conditions-cadres s'améliorent.

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