La Banque mondiale vient d'accorder à Madagascar un prêt concessionnel de 225 millions de dollars pour financer le projet PRODUIRE II, une initiative ambitieuse visant à transformer l'urbanisme des deux plus grandes villes du pays. L'annonce, confirmée cette semaine, constitue la plus importante injection de financement urbain de l'histoire récente de la Grande Île.
Antananarivo et Toamasina au cœur du dispositif
Le projet PRODUIRE II cible le Grand Antananarivo et le Grand Toamasina, deux agglomérations qui concentrent une part croissante de la population malgache et souffrent de vulnérabilités climatiques et infrastructurelles majeures. À Toamasina, la situation est particulièrement critique : le cyclone Gezani a détruit 70 % des logements de la ville portuaire, laissant des dizaines de milliers de familles dans une précarité extrême.
À Antananarivo, les priorités portent sur la protection contre les inondations récurrentes, l'amélioration du drainage, la gestion des déchets et la réhabilitation des quartiers informels. La sécurisation foncière fait également partie des axes structurants du programme.
Un impact direct sur 1,5 million de personnes
Les chiffres avancés par la Banque mondiale donnent la mesure du projet :
- 1,5 million de personnes bénéficieront d'infrastructures résilientes au changement climatique
- 20 000 logements seront reconstruits ou réhabilités
- 50 000 parcelles obtiendront des titres fonciers sécurisés
- 17 000 emplois directs et indirects seront créés pendant la phase de construction
La continuité d'un engagement de long terme
Ce financement s'inscrit dans la continuité du premier projet PRODUIRE, lancé en 2018 avec un premier décaissement de 75 millions de dollars, puis étendu à 50 millions supplémentaires en 2020. Le passage à 225 millions dans la phase deux témoigne de la confiance de la Banque mondiale dans la capacité de gestion des autorités malgaches — et de l'ampleur des besoins restants.
Pourquoi c'est important
Madagascar reste l'un des pays les plus exposés aux catastrophes naturelles au monde. Les cyclones, inondations et sécheresses frappent régulièrement les deux côtes, aggravant une pauvreté urbaine déjà profonde. En finançant des infrastructures pérennes et une gouvernance foncière formelle, la Banque mondiale parie sur un modèle de résilience qui dépasse la simple reconstruction post-catastrophe. Pour les investisseurs régionaux, la sécurisation foncière de 50 000 parcelles ouvre également des perspectives concrètes d'activité dans la construction, les matériaux et les services urbains.
Source : Le Journal des Archipels, Direction générale du Trésor (brèves de la semaine du 6 juillet 2026)