La Banque africaine de développement a publié son rapport pays 2026 pour Madagascar, avec un constat sans ambiguïté : le pays doit mobiliser environ 7,27 milliards de dollars par an d'ici à 2030 pour financer son développement. Un chiffre qui contraste avec les 155 millions de dollars débloqués par le FMI en septembre et les 200 millions approuvés par la Banque mondiale en avril pour les transports.
Une croissance à 3 % sous pression
La BAD projette une croissance de 3,0 % pour Madagascar en 2026, en recul par rapport aux 3,2 % de 2025. Le déficit de financement est structurel : l'agriculture, les services et l'investissement restent les moteurs, mais les contraintes d'infrastructure, énergétiques et logistiques freinent l'économie réelle. Un rebond est attendu à 4,5 % en 2027, tiré par les industries extractives, le tourisme et les télécommunications.
Le FMI débloque 155 millions de dollars
Le 30 septembre 2026, le Conseil d'administration du FMI a achevé les 3e et 4e revues combinées de ses programmes avec Madagascar (ECF/RSF), permettant un décaissement de 155 millions de dollars. Ce signal positif témoigne de la trajectoire des réformes structurelles en cours. Mais rapporté aux besoins annuels de 7,27 milliards, le décalage est saisissant.
L'écart entre financement annoncé et exécution réelle
Un problème systémique persiste : le taux d'exécution des investissements financés par des bailleurs extérieurs n'atteint que 20,3 %, contre 63,7 % pour les investissements financés sur ressources propres de l'État. Plus de 1 000 milliards d'ariary seraient immobilisés dans le circuit financier, bloqués par des problèmes de décaissement, d'études non finalisées et de questions foncières non résolues.
Pourquoi c'est important
Le défi malgache est celui de nombreux pays du Sud : le financement ne manque pas autant que la capacité à l'absorber efficacement. La BAD recommande de renforcer les systèmes financiers nationaux, de diversifier les sources de financement et d'accélérer la mise en œuvre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD). Pour les investisseurs de l'Océan Indien, l'Etat Malagasy reste un marché à potentiel, mais à horizon de transformation à 3-5 ans.