[MADAGASCAR] Assemblées FMI-Banque mondiale : Antananarivo plaide pour plus de souplesse sur trois fronts

Délégation menée par le PM Rajaonarison à Bangkok. Trois demandes d'assouplissement au FMI (carburants, emprunts, déficit). Décaissement de 155M$ déjà obtenu. IDA passe de 7 à 9 milliards.

Madagascar — Business.OI
Photo : Chen EdisoN / Pexels

Depuis le 12 octobre 2026, la délégation malgache conduite par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison défend à Bangkok les réformes économiques du pays devant le FMI et la Banque mondiale. Au cœur des négociations : trois demandes de souplesse sur les mécanismes de prix des carburants, le plafond d'emprunts et le déficit primaire.

Un agenda chargé à Bangkok

Les Assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale réunissent cette semaine les délégations du monde entier en Thaïlande. Madagascar y est représenté par une délégation de haut niveau emmenée par le Premier ministre, qui présente le programme « Refondation » aux institutions de Bretton Woods.

Trois assouplissements sont formellement demandés au FMI : sur le mécanisme de fixation des prix des carburants, sur le plafonnement des emprunts extérieurs et sur le niveau du déficit primaire. La Direction du FMI n'a pas encore rendu sa décision sur ces demandes.

Le ministre de l'Économie et des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a rappelé que « l'instabilité politique peut anéantir les progrès macroéconomiques acquis » et plaidé pour des réformes tenant compte du contexte social, notamment des revendications de la génération Z.

Le FMI vient de décaisser 155 millions de dollars

Le calendrier est favorable à Madagascar : le 30 septembre 2026, le Conseil d'administration du FMI a achevé les troisième et quatrième revues combinées des programmes ECF et FRD, ouvrant un décaissement d'environ 155 millions de dollars. Ce feu vert valide les efforts de consolidation budgétaire engagés par Antananarivo.

La contrepartie est claire : mobiliser davantage de recettes fiscales, améliorer la gouvernance douanière — avec un recours à l'intelligence artificielle évoqué lors de la rencontre du 13 octobre avec Patrizia Tumbarello, directrice adjointe du département des finances publiques du FMI — et réduire la fraude.

La Banque mondiale relève ses engagements IDA

Sur le volet Banque mondiale, le Groupe Afrique II — dont Madagascar est membre parmi 23 pays — a tenu sa réunion le 13 octobre. Les engagements de l'IDA (Association internationale de développement) passent de 7 à 9 milliards de dollars, avec des priorités réaffirmées sur l'énergie, l'agriculture et les infrastructures.

Rappelons qu'en avril 2026, la Banque mondiale avait déjà approuvé un financement de 200 millions de dollars pour le ferroviaire, les ports et une plateforme logistique autour d'Antananarivo.

Madagascar co-fondateur d'une plateforme mondiale des emprunteurs

En marge des assemblées, Madagascar a participé au premier Conseil de gouvernance de la Plateforme des emprunteurs, qu'elle co-fonde avec 30 autres pays. Cette instance, présidée par le Pakistan, a adopté son programme de travail 2026-2027 le 12 octobre. L'objectif : mieux représenter les pays à faible revenu dans les négociations sur la dette et le financement du développement.

Pourquoi c'est important

Ces assemblées marquent un moment charnière pour Madagascar. Le pays vient d'obtenir le feu vert du FMI sur ses réformes — un signal fort pour les bailleurs — mais doit simultanément convaincre qu'il peut aller plus vite sur l'exécution. Le taux d'exécution budgétaire à 44,2 % au terme des neuf premiers mois de 2026, et plus de 1 000 milliards d'ariary bloqués faute de capacité d'absorption, restent les angles morts d'un tableau par ailleurs en amélioration.

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