En marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies à New York, le Fonds Souverain Malgache (FSM) et Gemcorp Capital Limited ont annoncé, le 7 octobre 2026, un partenariat stratégique visant à mobiliser jusqu'à 500 millions de dollars pour valoriser les actifs stratégiques de Madagascar. L'accord marque une nouvelle étape dans la politique d'attractivité économique de l'île, portée à la fois par la diplomatie économique de haut niveau et par une architecture financière inédite.
Un accord structurant signé à New York
Le partenariat a été scellé en marge des travaux de l'AGNU, démarche diplomatique délibérément choisie pour maximiser la visibilité internationale de l'accord. Andry Raharinomena, président du Fonds Souverain Malgache, et Michael Randrianirina, représentant du gouvernement, ont signé cet accord avec les dirigeants de Gemcorp Capital, groupe d'investissement britannique fondé en 2014, spécialisé dans les marchés émergents. Gemcorp opère dans le financement structuré, le négoce de matières premières, les opérations industrielles et le conseil en investissement.
Minerais critiques, énergie, infrastructures
L'enveloppe cible les trois secteurs stratégiques que Madagascar cherche à valoriser en priorité : les minerais critiques — dont Madagascar dispose d'importantes réserves de graphite, nickel, cobalt et terres rares —, l'énergie, avec l'objectif d'ouvrir la filière aux acteurs privés et de réduire la dépendance aux groupes électrogènes coûteux, et les infrastructures, dont le déficit structurel pèse sur la compétitivité économique de l'île.
Le rôle de Gemcorp consistera à « rendre bancables » les projets malgaches : structurer les montages financiers, identifier les co-investisseurs institutionnels et mettre en relation le FSM avec des capitaux internationaux à long terme. Cette approche-plateforme vise à pallier l'un des obstacles récurrents au financement de Madagascar : l'absence d'ingénierie financière adaptée aux standards des grands fonds d'investissement internationaux.
Le Fonds Souverain Malgache en pointe
Créé pour canaliser les revenus des ressources naturelles vers des investissements productifs, le FSM monte en puissance comme instrument de politique économique. Il avait déjà perçu 13,7 millions de dollars de dividendes via QMM (Rio Tinto) en 2025, et figure au cœur de l'accord signé avec l'AIIB pour les infrastructures. Le partenariat Gemcorp s'inscrit dans cette stratégie d'activation du FSM comme levier d'attractivité à l'international, avec pour ambition de transformer des actifs stratégiques en projets opérationnels financés.
Pourquoi c'est important
Madagascar dispose de ressources naturelles considérables — notamment en minerais critiques dont le monde développé est en quête accélérée depuis 2024 — mais souffre chroniquement d'un écart entre le potentiel géologique et le financement réel. L'accord Gemcorp-FSM tente de combler ce fossé en insérant Madagascar dans les circuits de capitaux internationaux via un intermédiaire spécialisé. Dans un contexte mondial de ruée sur le graphite, le nickel et les terres rares, cette capacité à structurer et attirer des fonds dédiés représente un avantage compétitif décisif. La vraie question sera celle de l'exécution : transformer 500 millions de dollars d'engagements en projets opérationnels dans un environnement institutionnel qui reste un défi.