L'accord de pêche entre Madagascar et l'Union européenne expire le 30 juin 2027. Les négociations pour son renouvellement s'ouvrent dans un contexte de bilan mitigé : sur les 14 000 tonnes annuelles de référence, le taux d'utilisation n'a atteint que 48 % en 2024 et 2025, selon l'évaluation publiée par la Commission européenne en septembre 2026.
Un accord au bilan contrasté
L'accord autorise 65 navires européens à opérer dans la zone économique exclusive malgache. La contribution annuelle de l'Union européenne s'établit à 1,8 million d'euros, dont 700 000 euros de droits d'accès et 1,1 million d'euros destinés à la politique nationale de pêche durable. Sur les 89 équivalents temps plein (en moyenne 2024-2025) embarqués à bord, seuls 14 sont malgaches — contre 35 Européens et 40 d'autres nationalités.
Un secteur artisanal à ne pas oublier
La pêche industrielle européenne côtoie un secteur artisanal qui représente l'essentiel de l'activité halieutique nationale. Selon la FAO, quelque 242 000 personnes sont impliquées dans la pêche artisanale malgache, réparties dans près de 2 500 villages côtiers, avec une production déclarée d'environ 90 000 tonnes. Les femmes occupent 57 % des emplois après capture et 21 % dans la pêche directe. À Antsiranana, elles représentent 54 % des emplois dans les conserveries de thon.
Les enjeux de la renégociation
La Commission européenne recommande d'ouvrir les négociations pour un nouvel accord. Plusieurs points devront être précisés : les conditions sociales des marins embarqués, le soutien aux communautés côtières, le renforcement des moyens de contrôle, et surtout la valorisation des ressources halieutiques malgaches. L'enjeu économique est double : maximiser les retombées nationales de l'accès à une ressource souveraine, tout en garantissant la durabilité des stocks.
Pourquoi c'est important
L'Océan Indien représente l'une des dernières frontières thonières mondiales. Madagascar possède une zone économique exclusive parmi les plus riches du bassin. La renégociation à venir est l'occasion de rééquilibrer un accord qui, selon les chiffres disponibles, bénéficie davantage aux armateurs européens qu'aux pêcheurs et communautés côtières malgaches.