La Réunion monte en gamme. Selon la dernière note du CEROM publiée le 16 juillet 2026, la fréquentation hôtelière a progressé de 5 % en 2025 après une quasi-stagnation l'année précédente (-0,6 %). Mais c'est le segment haut de gamme qui tire le bilan vers le haut : les établissements classés 4 et 5 étoiles affichent une hausse remarquable de 14 %.
Un rebond généralisé, porté par l'Ouest
La progression est visible sur l'ensemble du territoire, mais c'est la région Ouest — là où se concentrent les grands hôtels de plage et les complexes premium — qui enregistre la plus forte dynamique avec +8 % de fréquentation. Une performance qui reflète à la fois la montée en puissance de la clientèle aisée et des investissements hôteliers engagés ces dernières années.
La clientèle française continue de représenter la part majoritaire des nuitées, avec 92 % du total et une hausse de 5 %. La clientèle étrangère, plus rare mais à plus forte valeur ajoutée, progresse quant à elle de 9 %.
Une ombre au tableau : le premier trimestre perturbé
La performance annuelle aurait pu être encore meilleure sans les aléas du premier trimestre 2025. Le passage du cyclone Garance à la fin du mois de février et l'épidémie de chikungunya qui a suivi ont pesé sur les chiffres de mars. « La fréquentation s'est accrue tout au long de l'année 2025, sauf en mars », précise le CEROM.
Des signaux encourageants pour 2026
Ce virage vers le haut de gamme s'inscrit dans une stratégie de long terme du secteur touristique réunionnais, qui cherche à attirer une clientèle à dépenses élevées. Les signaux de réservation sur les hôtels haut de gamme seraient favorables pour la saison estivale australe (juin-septembre) 2026.
Pourquoi c'est important
La montée en gamme touristique à La Réunion est une réponse directe au défi de la compétitivité régionale. Face à Maurice, aux Maldives et aux Seychelles, l'île doit se différencier par la qualité plutôt que par le prix. Chaque point de croissance dans le luxe génère davantage de valeur ajoutée et de recettes fiscales que dix points dans l'économique — un enjeu structurel pour une île dont le chômage reste à 19,6 %.