[LA RÉUNION] Redevances ADP : les compagnies desservant l'Outre-Mer contestent une hausse de 21 % de leurs charges

Le Scara attaque le nouveau contrat ADP qui imposerait une hausse de 21 % des redevances sur les vols Outre-Mer. Air Austral serait en première ligne. Un dossier aux lourdes conséquences pour la desserte de La Réunion.

La Réunion — Business.OI
Photo : Akheel Ahamed / Pexels

Le Syndicat des Compagnies Aériennes Autonomes (Scara) monte au créneau contre le futur Contrat de Régulation Économique d'Aéroports de Paris (ADP). À la clé pour les lignes vers l'Outre-Mer : une hausse des redevances de 21 %, que des compagnies comme Air Austral refusent de supporter seules.

8,2 milliards d'euros d'investissements, qui les finance ?

Le nouveau Contrat de Régulation Économique (CRE) d'Aéroports de Paris prévoit 8,2 milliards d'euros d'investissements d'ici 2034, axés sur le développement du hub de Paris-Charles-de-Gaulle. Pour financer cet effort, les redevances facturées aux compagnies aériennes seraient revues à la hausse : +34 % sur les routes domestiques, +21 % sur les vols vers l'Europe et l'Outre-Mer, +16 % sur l'international (hors inflation).

Le Scara, qui regroupe Air Austral, Air Caraïbes, Air Antilles et Air Saint-Pierre, dénonce une logique inéquitable : ces compagnies « point-to-point » seraient mises « plus fortement à contribution pour financer une stratégie dont elles bénéficieront peu ». Leur modèle d'affaires n'est pas fondé sur le transit via CDG, mais sur des liaisons directes avec les territoires d'Outre-Mer et de l'Océan Indien.

Air Austral dans la ligne de mire

Pour Air Austral, déjà fragilisée par les turbulences du secteur aérien régional — suspension récente de la ligne IndiGo Chennai–Saint-Denis, nécessité de lever des fonds propres supplémentaires — une hausse de 21 % des redevances sur ses principaux itinéraires représenterait un choc supplémentaire sur ses coûts opérationnels. La compagnie dessert La Réunion depuis Paris-CDG, et ses passagers transitent majoritairement par cet aéroport.

Le CRE est encore en phase de consultation avant adoption définitive. Le Scara plaide pour une modulation différenciée qui protège les lignes ultramarines des hausses les plus lourdes.

Pourquoi c'est important

La connectivité aérienne est le talon d'Achille de La Réunion. Toute hausse du coût opérationnel des compagnies qui desservent l'île se répercute in fine sur le prix des billets ou sur la rentabilité des lignes — et peut conduire à des suppressions de fréquences. Dans un contexte où le tourisme est l'un des secteurs porteurs de l'économie réunionnaise, un renchérissement des accès aériens est une menace structurelle à prendre au sérieux.

Source : Zinfos 974 (6 août 2026)

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