[LA RÉUNION] Port Réunion franchit 6,95 millions de tonnes en 2025 : deux années consécutives au-delà du cap symbolique des 6 Mt

Le port de La Réunion a traité 6,95 Mt en 2025 (+3,6 %), signant un deuxième record consécutif. Le bois-énergie s'envole (+40 %) tandis que le sucre s'effondre (-75 %) : deux signaux opposés d'une économie insulaire en pleine mutation.

La Réunion — Business.OI
Photo : K / Pexels

Pour la deuxième année consécutive, le port de La Réunion dépasse les 6 millions de tonnes de trafic. Le bilan 2025 s'établit à 6,95 Mt, en progression de 3,6 % par rapport à 2024. Derrière ce chiffre global, deux tendances radicalement opposées révèlent la mutation profonde de l'économie insulaire.

Un fret conteneurisé qui tient le cap

Avec 3,7 Mt de marchandises conteneurisées (soit 61 % du trafic total), le segment reste le pilier du port réunionnais. En volumes, la progression atteint +2,4 %, même si le nombre de boîtes EVP (équivalent vingt pieds) recule légèrement à 370 433 unités (-1,7 %). Le transbordement, qui représente 108 120 EVP, accuse une baisse de 6 % — signe d'une pression concurrentielle accrue dans l'Océan Indien où plusieurs ports régionaux se disputent ce trafic.

La révolution silencieuse du bois-énergie

Le segment des vracs solides enregistre la progression la plus spectaculaire : +17,4 %, pour un total de 1,2 Mt. Le moteur de cette hausse est sans équivoque : les pellets de bois, dont l'importation bondit de +40 % à 734 767 tonnes. Cette évolution traduit l'intégration accélérée du port réunionnais dans la transition énergétique de l'île — ces pellets alimentent la centrale thermique en remplacement partiel du charbon et du fioul.

La chute vertigineuse du sucre

À l'opposé, les exportations de sucre s'effondrent de 75 % — un recul historique qui illustre la crise structurelle de la filière sucrière réunionnaise, confrontée à la baisse des surfaces cultivées, au vieillissement des exploitations et à la concurrence internationale. Ce déclin menace à terme un pan entier de l'identité économique de l'île.

Les autres segments en détail

Le fret général (non conteneurisé) explose à +84 % pour atteindre 58 205 tonnes, sous l'effet de projets d'infrastructure et de matériaux spéciaux. Les hydrocarbures (vracs liquides) reculent de 7,1 % à 1 Mt — kérosène (-6,6 %), gasoil (-11 %), au moment où la demande en carburants fossiles se tasse. Le trafic automobile reste stable avec 27 561 véhicules importés (-2 %).

Pourquoi c'est important

Port Réunion est la porte d'entrée de 80 % des marchandises consommées sur l'île. Deux records consécutifs au-dessus de 6 Mt confirment la vigueur de l'activité logistique malgré les fragilités structurelles (coût du fret, déséquilibre imports/exports, déclin sucrier). L'explosion des pellets de bois et la chute du sucre dessinent en filigrane la Réunion de demain : moins agricole, plus tournée vers la transition énergétique et la consommation intérieure.

Sources : Ports et Corridors (2026), données Port Réunion 2025.

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