France Travail vient de publier les chiffres du marché du travail réunionnais pour le deuxième trimestre 2026 : 152 400 demandeurs d'emploi recensés sur l'île. Un chiffre qui confirme une tendance préoccupante — le chômage à La Réunion reste structurellement au double du taux national, avec des signaux de détérioration dans plusieurs secteurs clés.
152 400 demandeurs : une pression qui ne se relâche pas
Selon les données publiées par la Direction de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités (DEETS Réunion) et France Travail, 152 400 personnes étaient inscrites comme demandeuses d'emploi à La Réunion au T2 2026. Ce volume place l'île dans une situation chroniquement tendue, malgré la stabilité relative de l'emploi salarié — 294 700 postes salariés au 31 mars 2026, stables par rapport au trimestre précédent.
Le taux de chômage atteignait 18 % de la population active au premier trimestre 2026, en hausse de 2 points sur un an. À titre de comparaison, la France métropolitaine affichait 8,1 % au même moment.
Des secteurs en recul, des PEC en chute
La construction a perdu 100 postes (-0,4 %) et les services aux entreprises 300 postes (-1,4 %) au cours du T1 2026. En revanche, les services non marchands ont progressé (+0,6 % trimestriel, +1,1 % annuel, soit +1 400 emplois), portés par les politiques d'emploi aidé.
Mais c'est précisément là que le bât blesse : les contrats PEC (Parcours Emploi Compétences), dispositif clé pour les publics les plus éloignés de l'emploi, ont été réduits de 2 000 postes sur l'île en raison d'une coupe des dotations nationales. Une décision dont les effets se feront sentir pleinement dans les mois à venir.
L'apprentissage, autre levier d'insertion, a reculé de 6,0 % à La Réunion — plus fortement que les -4,4 % enregistrés à l'échelle nationale.
Le tourisme et l'intérim, rares moteurs
Quelques secteurs tirent leur épingle du jeu : l'hôtellerie-restauration affiche une croissance annuelle de +2,3 %, profitant de la dynamique touristique de l'île. L'intérim a également progressé (+2,0 %), signe d'une demande d'emploi flexible, mais sans garantir la stabilité recherchée par les demandeurs.
Pourquoi c'est important
Le marché du travail réunionnais est pris en étau entre deux dynamiques contradictoires : d'un côté, des secteurs porteurs (tourisme, services non marchands) qui créent de l'emploi ; de l'autre, des politiques publiques d'insertion qui se rétractent sous l'effet des coupes budgétaires nationales. Avec 18 % de chômage structurel et 152 400 demandeurs inscrits, La Réunion reste l'un des territoires français les plus exposés aux aléas économiques. La question n'est pas seulement conjoncturelle — elle est systémique, et les prochains arbitrages budgétaires de Paris seront déterminants pour 2027.
Sources : France Travail / DEETS Réunion — Chiffres du marché du travail T2 2026 (Linfo.re, août 2026)