[LA RÉUNION] Marché du travail : -8,1 % de chômeurs en catégorie A sur un an, l'île devance nettement la France métropolitaine

La Réunion enregistre -8,1 % de demandeurs d'emploi en catégorie A sur un an au T1 2026, soit 4 à 5 fois mieux que la France métropolitaine. Mais avec 170 000 inscrits toutes catégories, le défi reste structurel.

La Réunion — Business.OI
Photo : Kampus Production / Pexels

Les chiffres du marché du travail au premier trimestre 2026 à La Réunion surprennent positivement. Le nombre de demandeurs d'emploi sans activité (catégorie A) a reculé de 8,1 % sur un an et de 5,9 % sur un trimestre — une performance nettement supérieure à la moyenne nationale française, qui n'affiche qu'un repli de 1,2 % en catégorie A. L'île reste toutefois face à des défis structurels de taille.

Des chiffres en nette amélioration

Selon les données publiées le 28 avril 2026 par la Direction de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DEETS) de La Réunion, 110 520 personnes étaient inscrites à France Travail en catégorie A au premier trimestre 2026, contre environ 120 000 un an auparavant. Le recul de 6 970 personnes sur le seul trimestre constitue l'une des baisses les plus marquées de ces dernières années. Toutes catégories confondues (A, B et C), le nombre de demandeurs d'emploi s'établissait à 150 010, en baisse de 4,3 % sur le trimestre.

Une surperformance face à l'hexagone

Là où la France métropolitaine (hors Mayotte) n'enregistre qu'une baisse de 0,3 % du total des inscrits et de 1,2 % en catégorie A sur le trimestre, La Réunion fait quatre à cinq fois mieux. Cette divergence positive s'explique en partie par le dynamisme de certains secteurs locaux — notamment la construction, le commerce et les services aux entreprises — mais aussi par des effets démographiques : le vieillissement de la population réunionnaise entraîne mécaniquement des sorties du marché du travail.

170 000 inscrits, le défi reste immense

Malgré ces progrès, La Réunion reste l'un des territoires de France avec les taux de chômage les plus élevés. Au total, 170 080 personnes étaient inscrites à France Travail (toutes catégories confondues, A à E) au T1 2026. À ces 150 010 demandeurs d'emploi « actifs » s'ajoutent 17 882 personnes en parcours d'accompagnement social (catégorie F) et 20 611 en attente d'orientation (catégorie G), deux nouvelles catégories introduites en janvier 2025 qui traduisent l'ampleur des situations d'éloignement de l'emploi.

L'emploi salarié se stabilise, sous pression

Parallèlement, l'emploi salarié affiche une relative stabilité, après plusieurs trimestres de légère progression. Les secteurs porteurs restent le BTP (poussé par les grands chantiers en cours), la santé et l'action sociale. L'industrie et le commerce de détail restent sous tension, dans un contexte de pouvoir d'achat fragilisé par la hausse des prix des carburants enregistrée au 1er septembre 2026.

Pourquoi c'est important

La baisse du chômage à La Réunion est un signal encourageant pour l'écosystème économique local. Elle doit cependant être lue avec prudence : une part de la baisse reflète des dynamiques démographiques plus que structurelles. Les véritables défis — insertion des jeunes, qualification de la main-d'œuvre, développement du secteur privé marchand — restent entiers. Pour les décideurs comme pour les investisseurs, le marché du travail réunionnais reste un indicateur à suivre de près.

Sources : DEETS Réunion, « Les chiffres du marché du travail du 1er trimestre 2026 », publié le 28 avril 2026.

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