[LA RÉUNION] Logement social : le financement LBU divisé par 3, les bailleurs en état d'urgence

La LBU chute à 27 M€ en 2026 contre 85 M€ en 2024, soit -65 %. Avec 53 000 demandes en attente et 1 832 logements bloqués, les bailleurs sociaux réunionnais sonnent l'alarme.

La Réunion — Business.OI
Photo : Curtis Adams / Pexels

Les organismes HLM de La Réunion tirent la sonnette d'alarme. La dotation de la Ligne Budgétaire Unique (LBU) — principale source de financement public du logement social dans l'île — s'effondre en 2026 à 27 millions d'euros, contre 78,5 millions en 2025 et 85 millions en 2024. Une chute de près de 65 % en un an que l'ARMOS-OI (Association réunionnaise des organismes HLM) qualifie de « totalement incompatible avec les besoins du territoire ».

53 000 demandeurs en attente

Au 31 mars 2026, La Réunion enregistrait 53 000 demandes de logements sociaux en attente. En parallèle, 55 opérations totalisant 1 832 logements neufs — dont 636 logements très sociaux — et 12 chantiers de réhabilitation portant sur 1 162 logements existants sont prêts à être engagés. Ils nécessitent environ 70 millions d'euros de crédits LBU. Avec seulement 27 millions disponibles, la quasi-totalité de ces projets se trouve en suspens.

Un secteur BTP sous tension

L'impact dépasse la seule question du logement. En 2024, le logement social représentait 54 % de la commande publique dans le BTP local. Un retrait aussi brutal des financements d'État entraînera mécaniquement, selon les professionnels du secteur, un recul des mises en chantier dès 2027, un allongement des files d'attente et une fragilisation des entreprises de construction de l'île.

Pourquoi c'est important

Avec environ 150 000 personnes non ou mal logées et une démographie encore dynamique, La Réunion affronte une crise structurelle du logement que la chute des financements nationaux risque d'aggraver durablement. L'ARMOS-OI demande un rétablissement d'urgence des dotations et interpelle les pouvoirs publics avant les arbitrages définitifs du budget de l'État. Sans réponse rapide, 2027 s'annonce comme l'année de toutes les ruptures pour le secteur.

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