Le gouvernement français a finalement renoncé à réformer la LODEOM, le dispositif d'exonérations de charges sociales qui constitue depuis les années 1980 l'un des principaux leviers de compétitivité des entreprises ultramarines. La décision, attendue après une mobilisation unanime des acteurs économiques réunionnais, préserve une enveloppe totale de 750 millions d'euros d'avantages fiscaux et sociaux.
750 millions € sur la sellette
La réforme envisagée par l'exécutif prévoyait de couper dans deux dispositifs complémentaires :
- 350 millions d'euros d'exonérations de cotisations sociales (LODEOM sociale proprement dite),
- 400 millions d'euros de crédits d'impôt à l'investissement (défiscalisation).
Pour une île où 85 % des adhérents des chambres de commerce sont des micro-entreprises de moins de 10 salariés, et où le taux d'emploi ne dépasse pas 52 % contre 70 % en métropole, ces deux dispositifs jouent un rôle structurant irremplaçable.
Une industrie sous pression
Le secteur manufacturier réunionnais emploie directement 22 000 personnes et représente 6 % du PIB régional. Il avait déjà souffert : la construction a perdu 1 500 emplois sur deux ans, tandis que l'industrie reculait à un rythme de 1,4 % par an. Plus de 1 100 faillites d'entreprises avaient été enregistrées sur la période récente.
Face à ces chiffres, la présidente du Conseil régional Huguette Bello avait qualifié la réforme envisagée de « menace pour l'emploi réunionnais ». Le MEDEF local était monté au créneau avec un message sans équivoque : « Stop this cutting. Ne touchez pas à la LODEOM sociale. »
Pourquoi c'est important
La LODEOM existe depuis les années 1980 et a été reconnue par l'Union européenne comme une compensation structurelle justifiée par les contraintes géographiques des régions ultrapériphériques. Son maintien envoie un signal de stabilité à l'ensemble du tissu économique réunionnais, qui aspire à développer de nouvelles filières — énergies renouvelables, agro-alimentaire, numérique — dans un contexte de défiscalisation maintenue. Pour les investisseurs extérieurs, c'est la confirmation que La Réunion conserve un cadre fiscal attractif, différencié de la métropole par des avantages structurels reconnus.