La lettre économique de l'IEDOM d'août 2026 dessine un tableau contrasté pour La Réunion : l'inflation ralentit nettement à 0,7 % en glissement annuel en juillet, après un pic à 1,5 % en juin. Mais les défaillances d'entreprises dans les territoires d'outre-mer atteignent 3 040 sur les douze derniers mois. La fragilité reste structurelle.
Une inflation qui reflue, enfin
Après plusieurs trimestres sous pression, les prix à La Réunion retrouvent une trajectoire plus douce. L'indice des prix à la consommation progresse de seulement 0,7 % en glissement annuel en juillet 2026, contre 1,5 % en juin. Ce repli est attribuable principalement à la détente sur les prix des produits pétroliers — après la flambée de 22,2 % enregistrée en juin — et à une modération sur l'alimentation.
Pour les ménages réunionnais dont le budget est fortement sollicité par les dépenses contraintes, cette détente est bienvenue. Elle réduit également la pression sur les marges des commerçants, qui avaient dû répercuter les hausses de coûts au premier semestre.
Le baromètre des faillites en zone rouge
Mais la stabilisation des prix ne masque pas toutes les tensions. Sur la période juillet 2025 à juin 2026, 3 040 défaillances d'entreprises — liquidations judiciaires et redressements — ont été enregistrées dans l'ensemble des DROM (départements et régions d'outre-mer). Ce chiffre, issu des statistiques de l'IEDOM, illustre la persistance de conditions difficiles pour le tissu entrepreneurial ultramarin, dans un contexte de hausse des taux d'intérêt et de demande intérieure sous pression.
La situation du surendettement des ménages reste également préoccupante : 216 nouveaux dossiers de surendettement ont été déposés à La Réunion en juillet 2026, soit une hausse de 22 % sur un an.
Un climat des affaires à surveiller
L'indicateur du climat des affaires (ICA) s'établissait à 100,1 points au deuxième trimestre 2026, en recul de 3,5 points par rapport au trimestre précédent, retrouvant sa moyenne de long terme. Le chômage a rebondi de 1,6 % sur le trimestre, effaçant en partie les gains des trois trimestres précédents. Seul le tourisme aérien tient : le trafic aérien a progressé de 1,3 % sur le trimestre, signe d'une résistance de la demande internationale.
Les entreprises notent une baisse de la fréquentation commerciale. Les dépôts de cash ont reculé de 2,5 % en glissement annuel — un indicateur de sentiment des ménages en repli.
Pourquoi c'est important
La Réunion navigue entre un allègement des pressions inflationnistes, bienvenu mais insuffisant à lui seul, et des fondamentaux toujours fragiles : chômage, surendettement, faillites. Le territoire illustre la vulnérabilité des économies insulaires aux chocs exogènes — crise géopolitique au Moyen-Orient, hausse des carburants — qu'elles ne peuvent pas contrôler. Les politiques de soutien aux TPE et PME, et la simplification administrative réclamée par le secteur privé, restent des priorités pour consolider la reprise.
Source : IEDOM, Lettre économique de La Réunion, août 2026.