Selon la dernière note du CEROM (Comptes Économiques Rapides pour l'Outre-mer), l'hôtellerie réunionnaise a enregistré une performance contrastée en 2025 : si la fréquentation globale progresse de 5 %, c'est le segment premium — les établissements classés 4 et 5 étoiles — qui tire la croissance vers le haut avec une hausse remarquable de 14 %.
Un segment haut de gamme qui structure la reprise
La dynamique est particulièrement marquée dans l'Ouest de l'île, avec une progression de 8 % de la fréquentation dans ce secteur géographique — zone qui concentre les plus grands complexes hôteliers de l'île. La clientèle française demeure largement majoritaire, représentant 92 % des nuitées enregistrées sur l'ensemble de l'île.
Deux sous-segments progressent en parallèle, signe d'un marché qui se consolide sur toute la chaîne : les touristes résidant en France métropolitaine (+5 %) et, signe d'une ouverture internationale qui s'accélère, les touristes résidant à l'étranger (+9 %).
Un rebond après deux années de perturbations
L'exercice 2025 marque un redressement sensible après des recettes touristiques en légère baisse de 0,6 % en 2024. Une épidémie de chikungunya et le passage du cyclone Garance en mars 2025 avaient brièvement pesé sur la fréquentation du premier trimestre. Le reste de l'année a largement compensé ces pertes conjoncturelles. L'analyse CEROM indique que les établissements non classés maintiennent une fréquentation stable, ce qui signifie que la croissance se concentre exclusivement en haut du spectre.
Pourquoi c'est important
La montée en gamme du tourisme réunionnais n'est pas un hasard : elle traduit une politique volontariste de positionnement premium, engagée ces dernières années par la Région et les opérateurs privés, dans un contexte de concurrence accrue avec des destinations voisines comme Maurice, les Maldives ou les Seychelles. Un touriste de segment haut de gamme génère en moyenne deux à trois fois plus de recettes par séjour qu'un voyageur standard. Si La Réunion réussit à consolider cette tendance — en combinant la force de son attractivité naturelle avec une offre hôtelière en montée de gamme — l'île peut se doter d'un levier économique durable, moins exposé aux à-coups de la consommation de masse et plus résistant aux crises de connectivité.
Source : Le Journal des Archipels (16 juillet 2026), note CEROM — partenariat INSEE, IEDOM-IEOM, AFD.