La journée nationale de mobilisation du 5 novembre 2026 a fortement résonné à La Réunion. Dans un contexte économique déjà tendu — avec 1 098 défaillances d'entreprises enregistrées entre juin 2024 et juin 2025, soit +15,5 % en un an — les syndicats réunionnais ont amplifié un mouvement national exigeant des hausses de salaires, la revalorisation des pensions et des moyens renforcés pour les services publics.
Un tissu économique fragilisé
La Réunion entre dans cette séquence sociale avec un taux de chômage de 17,5 à 18 %. Le débat budgétaire national, qui porte sur 43 milliards d'euros d'économies pour 2027, ravive les tensions autour de la LODEOM — le dispositif d'exonérations de charges sociales qui protège directement près de 30 000 entreprises et 120 000 emplois sur l'île. L'an dernier, la seule réduction envisagée (350 millions d'euros d'économies) avait suscité une mobilisation massive des élus et acteurs économiques réunionnais.
Un budget 2027 sous pression
Au niveau national, l'économie française traverse une phase délicate : le PIB a reculé de 0,1 % au troisième trimestre 2026, selon l'INSEE. L'objectif de déficit est fixé à 5 % du PIB pour 2027. Dans ce contexte de rigueur budgétaire, les ultramarins craignent que les exonérations spécifiques aux DROM — LODEOM en tête — ne constituent une cible facile pour les économies à venir. Les 30 000 entreprises concernées à La Réunion représentent l'essentiel du tissu économique local.
Des revendications qui dépassent les salaires
Au-delà des augmentations salariales, l'intersyndicale demande une justice fiscale, le maintien des services publics en particulier dans les territoires ultramarins, et le conditionnement des aides publiques aux entreprises. Ces revendications s'adressent à un gouvernement qui, selon Roland Lescure, exclut une hausse générale des impôts mais cherche à réduire structurellement les dépenses.
Pourquoi c'est important
La Réunion est en première ligne des arbitrages budgétaires nationaux. Dans une île où le taux de chômage est trois fois supérieur à la moyenne hexagonale et où les défaillances d'entreprises battent des records, chaque coupe dans les dispositifs de soutien se traduit immédiatement par des suppressions d'emplois. La mobilisation du 5 novembre n'est pas un phénomène métropolitain vu de l'extérieur — c'est une alerte économique locale.