Le taux de chômage à La Réunion a atteint 18% de la population active au premier trimestre 2026, en hausse de 2 points sur un an, selon les données de l'Insee publiées le 2 juillet 2026. L'écart avec la France hexagonale, dont le taux s'établit à 8,1 %, ne s'est donc jamais aussi creusé depuis plusieurs années.
Un marché du travail à deux vitesses
L'emploi salarié reste stable à 294 700 postes sur l'île, avec une progression annuelle de +0,4 % — légèrement meilleure que le -0,2 % affiché au niveau national. Mais la stabilité de l'emploi salarié contraste avec l'explosion du halo autour du chômage : les inscrits à France Travail ont franchi le cap des 209 000 Réunionnais, un signe que la frontière entre emploi, sous-emploi et inactivité reste poreuse.
Construction en perte de vitesse, hôtellerie en résistance
Par secteurs, la construction recule de 0,4% (environ 100 emplois perdus) et les services aux entreprises de 1,4% (300 postes en moins), pénalisés par la baisse des contrats aidés — le budget national a réduit ces dispositifs de 2 000 unités sur l'île. À l'inverse, l'hôtellerie-restauration affiche une solide progression de +2,3 % sur un an, portée par la dynamique touristique, tandis que le commerce gagne 200 postes et le travail temporaire progresse de 2,0 %.
Les permis de construire ont, eux, bondi de 14 % malgré la contraction du BTP — signe que des chantiers sont à venir et que l'emploi dans ce secteur pourrait rebondir d'ici 2027.
Pourquoi c'est important
À 18 %, La Réunion affiche un chômage structurel qui pèse sur la consommation locale et l'attractivité des entreprises. La trajectoire est préoccupante : si la baisse des contrats aidés n'est pas compensée par une montée en puissance des dispositifs de formation et d'insertion, le risque d'une dégradation durable du tissu social est réel. Les prochains résultats du T2 2026, attendus en octobre, seront scrutés de près.
Source : Insee Conjoncture Réunion n°42 (données T1 2026, publiées juillet 2026).