L'IEDOM vient de publier ses tendances conjoncturelles au 2e trimestre 2026 pour La Réunion. Le tableau est nuancé : l'indicateur du climat des affaires (ICA) revient à son niveau de long terme, tiré vers le bas par le rebond de l'inflation — importée du Moyen-Orient — et par une montée préoccupante du surendettement des ménages.
L'ICA perd 3,6 points et retrouve son équilibre historique
L'ICA s'établit à 100,1 points au 2e trimestre 2026, en repli de 3,6 points par rapport au trimestre précédent. Ce chiffre correspond à la moyenne de long terme de l'indicateur. Après plusieurs trimestres de redressement observés en 2025, le retour à la normale signe la fin d'un cycle de rebond post-crise. La crise au Moyen-Orient est explicitement identifiée dans le rapport de l'IEDOM comme l'un des déterminants de ce coup d'arrêt : « l'activité a repris au premier trimestre, mais a été rattrapée par le conflit au Moyen-Orient au 2e trimestre ».
Inflation : le carburant relance la pression sur les prix
Après une quasi-stabilité en mars (+0 % en glissement annuel), l'inflation a rebondi à +1,5 % en juin, portée quasi exclusivement par les prix des carburants, en hausse de 22,2 % sur un an à fin juin. La bonne nouvelle : l'IEDOM constate en juillet une détente rapide, l'inflation revenant à +0,7 % grâce à un reflux des prix pétroliers et alimentaires. La dynamique reste fragile et directement dépendante des tensions géopolitiques.
Emploi et commerce : signaux d'alerte
Le marché du travail a enregistré une légère dégradation : les demandeurs d'emploi des catégories A, B et C ont progressé de 1,6 % sur le trimestre, interrompant trois trimestres consécutifs de baisse. Dans le commerce de détail, la confiance des chefs d'entreprise se détériore et les prévisions restent moroses.
Plus préoccupant encore : les dépôts de dossiers de surendettement ont atteint 216 par mois en juillet 2026, soit une hausse de 22 % sur un an. Sur douze mois (juillet 2025 à juin 2026), les territoires ultra-marins français ont enregistré 3 040 restructurations et liquidations d'entreprises.
Pourquoi c'est important
Pour les décideurs et les investisseurs qui opèrent à La Réunion, ces données dressent un portrait d'une économie résistante mais en tension. Le tourisme et les services absorbent une partie du choc, mais le commerce de détail — baromètre de la consommation des ménages — envoie des signaux négatifs. La montée du surendettement, combinée à un léger repli de l'emploi, signale une fragilisation du pouvoir d'achat qui pourrait peser sur la demande intérieure au second semestre.
Sources : IEDOM, Tendances conjoncturelles T2 2026 ; Lettre de l'IEDOM La Réunion, août 2026