L'IEDOM (Institut d'Émission des Départements d'Outre-Mer) a publié ses tendances conjoncturelles pour le deuxième trimestre 2026 à La Réunion. Le constat est sans appel : l'activité ralentit dans presque tous les secteurs, prise en étau entre la flambée des prix du carburant et les tensions internationales liées à la crise au Moyen-Orient.
Le carburant, premier facteur de pression
Les prix des carburants à La Réunion ont bondi de 22,2 % sur un an à fin juin 2026, après une forte accélération à partir d'avril. Ce choc a dopé l'inflation générale, qui remonte à 1,5 % en glissement annuel à fin juin — contre 0 % à fin mars. La majorité des entreprises ont répercuté ces hausses sur leurs prix de vente, pénalisant directement le pouvoir d'achat des ménages. Le carburant est l'un des postes les plus sensibles pour une économie insulaire largement dépendante des importations d'énergie.
Le marché de l'emploi se retourne après trois trimestres de baisse
Après trois trimestres consécutifs de baisse, les demandeurs d'emploi des catégories A, B et C ont enregistré une hausse de 1,6 % en un trimestre. La catégorie A (sans activité) progresse de 1,4 %. L'IEDOM note que cette tendance n'est pas propre à La Réunion et se retrouve à l'échelle nationale. Ce retournement met fin à une période d'amélioration continue du marché du travail qui avait débuté début 2025.
Consommation en berne, tourisme résistant
Les dépôts de billets à l'IEDOM ont reculé de 2,5 % sur un an, signe d'un repli des transactions en espèces et d'une demande intérieure affaiblie. Les commerçants de détail signalent une baisse marquée de leur activité, avec un recul de la fréquentation, et anticipent une poursuite du ralentissement au troisième trimestre. En revanche, les immatriculations de voitures neuves progressent de 1,2 % sur un an, et le tourisme résiste : le trafic aérien a augmenté de 1,3 % d'un trimestre à l'autre en données corrigées des variations saisonnières.
L'indicateur de confiance des affaires (ICA) recule de 3,6 points pour s'établir à 100,1, revenant à son niveau de long terme après la bonne tenue du premier trimestre. Les services se montrent les plus résilients : c'est dans ce secteur que la proportion d'entreprises non affectées par la crise est la plus importante.
Pourquoi c'est important
La conjonction d'un carburant en feu, d'une inflation qui repart et d'un marché de l'emploi qui se retourne dessine un scénario préoccupant pour le second semestre 2026. Pour une économie ultrapériphérique comme La Réunion, très dépendante des importations et de la consommation intérieure, ce cocktail de facteurs peut rapidement fragiliser les TPE-PME et alourdir la facture sociale. Les décideurs économiques locaux seront attentifs à l'évolution des cours du pétrole et à la résolution des tensions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines.
Source : IEDOM, Tendances conjoncturelles du 2e trimestre 2026, publiées le 31 août 2026.