À La Réunion, le taux de chômage a atteint 18 % de la population active au premier trimestre 2026, selon les dernières données de l'INSEE. Soit deux points de plus qu'un an plus tôt — et plus du double du taux métropolitain. Un paradoxe qui cache toutefois des signaux positifs dans le secteur privé.
18 % : deux fois la France
Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) s'établit à 18 % au T1 2026 à La Réunion, contre 8,1 % en France métropolitaine. En un an, la hausse est de +2 points sur l'île, quand la métropole ne progressait que de +0,7 point. La Réunion reste néanmoins loin de son pic de 2018, où le chômage frôlait les 24 %.
Un marché du travail à deux vitesses
L'emploi salarié total atteint 294 700 salariés fin mars 2026, un chiffre stable sur le trimestre mais en progression de +0,4 % sur douze mois — légèrement mieux qu'en France métropolitaine (-0,2 %). Le secteur privé tire son épingle du jeu avec +0,6 % sur un an. Parmi les bons élèves sectoriels : l'intérim (+2,0 %), le commerce (+0,4 %) et l'hébergement-restauration (+0,1 %).
À l'inverse, les services aux entreprises reculent de -1,4 % et la construction de -0,4 %, deux secteurs traditionnellement porteurs sur le territoire.
La création d'entreprises ralentit
Au T1 2026, l'île a enregistré 4 190 créations d'entreprises, soit une baisse de 11 % par rapport au trimestre précédent. Les défaillances d'entreprises se maintiennent à 1 150 sur la période — un niveau qui s'inscrit dans une tendance haussière préoccupante depuis fin 2024. Ce ralentissement entrepreneurial s'explique en partie par le durcissement des conditions de financement et la prudence des ménages face à l'incertitude économique nationale.
Pourquoi c'est important
Un taux de chômage à 18 % signifie que près d'un Réunionnais actif sur cinq est sans emploi. Au-delà du seul indicateur social, c'est une question économique centrale : La Réunion ne pourra pleinement bénéficier des investissements régionaux (câble sous-marin, numérisation, tourisme) que si elle résout sa fracture structurelle entre création d'emplois et croissance de la population active. Les prochains mois seront déterminants : le secteur de la construction, en repli, est attendu comme un moteur du rebond d'ici fin 2026.
Source : INSEE Conjoncture Réunion, T1 2026 — publié juillet 2026