La campagne sucrière 2026 a officiellement démarré le 8 juillet dans les bassins Nord et Est de La Réunion, suivie le 13 juillet par le bassin Sud-Ouest. Entre 688 000 et 728 000 tonnes de canne sont attendues cette saison, dans un contexte encore marqué par les séquelles financières du cyclone Garance, qui avait durement frappé la filière en 2025.
Trois estimations, un optimisme mesuré
Les prévisions de production divergent selon les acteurs : les organisations de planteurs tablent sur environ 728 000 tonnes de canne à sucre ; Tereos Océan Indien, l'industriel sucrier unique de l'île, annonce 700 000 tonnes ; le Centre Technique Interprofessionnel de la Canne et du Sucre (CTICS) se montre plus prudent avec 688 000 tonnes. Quelle que soit la fourchette retenue, la saison 2026 s'annonce en amélioration par rapport à 2025, qui avait été particulièrement éprouvante.
Les séquelles financières de Garance
Les conséquences du cyclone Garance continuent de peser sur de nombreux opérateurs de la filière. Plusieurs planteurs doivent encore rembourser des avances contractées après les pertes subies l'an dernier. Dans ce contexte, les syndicats agricoles ont conditionné leur approbation de la campagne à une transparence totale sur les dettes individuelles des exploitants — une demande inédite qui témoigne de la fragilité financière d'une partie de la profession.
Un calendrier en deux temps
Le démarrage phasé — Nord-Est le 8 juillet, Sud-Ouest le 13 juillet — suit le calendrier habituel, calé sur la maturité différenciée de la canne selon les micro-climats de l'île. La campagne devrait se prolonger jusqu'à fin novembre 2026. Tereos Océan Indien, l'unique transformateur de la filière, coordonne la logistique de collecte et de broyage sur l'ensemble du territoire.
Une filière aux retombées multiples
La canne à sucre est la principale culture agricole de La Réunion, mobilisant environ 3 000 planteurs actifs. Au-delà du sucre, la filière valorise ses sous-produits : la bagasse alimente les centrales électriques thermiques de l'île, et la mélasse entre dans la production du rhum agricole réunionnais, produit à forte valeur ajoutée et exporté dans le monde entier.
Pourquoi c'est important
La campagne sucrière est le baromètre de l'économie agricole réunionnaise. Son volume détermine les revenus de milliers de familles, la capacité d'investissement de Tereos et la santé financière de tout un tissu d'acteurs ruraux. Une saison solide serait une bouffée d'oxygène indispensable pour une filière qui cherche à se diversifier — vers l'agrocarburant et le sucre bio — dans un contexte de volatilité mondiale des prix agricoles.
Sources : Zinfos974, La1ère / France Info Réunion, CTICS.