Le Cabinet kényan a approuvé une enveloppe de 350 millions de dollars (45,4 milliards de shillings) en nouveaux prêts d'actionnaires pour Kenya Airways, ainsi qu'une restructuration de 122 milliards de KSH de dettes publiques. Une opération d'envergure pour la compagnie nationale, dont les pertes se sont creusées en 2025 malgré une légère reprise au premier semestre 2026.
Une compagnie sous perfusion d'État
L'État kényan, actionnaire à 48,9 %, versera les nouveaux fonds par étapes via le Trésor national, avec un remboursement prévu sur dix ans. Le Cabinet envisage également de convertir une partie de ces prêts en actions de la compagnie cotée en bourse. La mise en œuvre reste soumise à des approbations d'entreprise, d'actionnaires et réglementaires.
En parallèle, 122 milliards de shillings de prêts publics et d'intérêts courus pourraient être convertis en un instrument financier négociable de type « equity » — une opération qui allégerait considérablement le bilan de la compagnie. KLM détient par ailleurs 7,76 % du capital.
Des finances dégradées malgré une légère reprise
Kenya Airways a enregistré une perte nette de 17,16 milliards de shillings en 2025, contre un bénéfice de 5,43 milliards en 2024. Le chiffre d'affaires a reculé de 14 % à 161,47 milliards de shillings, avec une capacité en sièges réduite de 18 %. Trois Boeing 787-8 Dreamliners restent immobilisés. La dette totale fin 2025 atteignait 151,3 milliards de shillings, pour seulement 5,3 milliards de trésorerie disponible.
Le premier semestre 2026 montre quelques signaux positifs : le chiffre d'affaires a progressé de 9 % à 81,3 milliards de shillings. Mais les pertes continuent de se creuser (16,1 milliards contre 12,2 milliards un an plus tôt), sous l'effet notamment de la hausse des coûts de carburant liée aux tensions au Moyen-Orient.
Pourquoi c'est important
Kenya Airways contribue annuellement à plus de 1,3 milliard de dollars au PIB kényan, selon le Cabinet. La compagnie est le principal hub de connectivité entre l'Afrique de l'Est et le reste du monde, avec des liaisons directes vers l'Europe, l'Asie et les États-Unis via Nairobi. Son sauvetage révèle les fragilités structurelles du secteur aérien africain : dépendance aux aides publiques, flotte vieillissante, et difficultés à recruter des investisseurs stratégiques privés dans un contexte de turbulences mondiales.
Source : Cabinet kényan / techtrendske.co.ke / CAPA Centre for Aviation, octobre 2026.