[KENYA / AFRIQUE] La BAD appelle à des réformes de financement audacieuses pour pérenniser la croissance est-africaine

La BAD appelle l'Afrique de l'Est à des réformes audacieuses de financement pour pérenniser 5,8% de croissance. Kenya en première ligne : obligations vertes, marchés locaux, dépenses sociales prioritaires.

Kenya — Business.OI
Photo : Mukula Igavinchi / Pexels

La Banque africaine de développement (BAD) hausse le ton. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques de l'Afrique de l'Est, l'institution multilatérale appelle les gouvernements de la région à des « réformes audacieuses de financement » pour ne pas laisser filer une croissance de qualité. Le Kenya, dont le PIB devrait progresser de 5,2 à 5,3% en 2026 selon Kepsa et l'UNECA, est en première ligne de ce défi.

Des fondamentaux solides, des risques persistants

La croissance régionale est robuste — 5,8% en moyenne pour l'Afrique de l'Est en 2026. Mais la BAD s'inquiète de sa soutenabilité. L'endettement des États progresse, les finances publiques restent contraintes, et la vulnérabilité aux chocs externes — notamment les perturbations commerciales mondiales et les effets du protectionnisme américain — demeure élevée dans une région encore fortement dépendante des exportations de matières premières.

Les réformes recommandées par la BAD

L'institution préconise plusieurs axes prioritaires : la diversification des sources de financement (obligations vertes, marchés de capitaux locaux, partenariats public-privé), le renforcement de la mobilisation des ressources fiscales intérieures, et une meilleure allocation des dépenses publiques vers les secteurs à fort impact social — santé, éducation, infrastructures numériques.

Le Kenya : entre atouts et défis

Avec un secteur des services dynamique, une fintech florissante et une connexion croissante aux marchés régionaux, le Kenya dispose des atouts pour incarner ces réformes. Mais Nairobi doit encore consolider ses finances publiques après plusieurs années de déficits importants, et gérer la pression sur la dette extérieure qui a absorbé une part significative des recettes fiscales.

Pourquoi c'est important

Seulement 7 des 234 indicateurs des Objectifs de développement durable sont sur une trajectoire favorable dans la région. Sans réformes de financement ambitieuses, la croissance risque de profiter davantage aux marchés financiers et aux exportateurs qu'aux populations locales. Le message de la BAD est sans ambiguïté : l'heure n'est plus au diagnostic, mais à l'action structurelle et coordonnée entre les États de la région.

Sources : BAD, UNECA, Kepsa, East African, août 2026.

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