Pour la première fois depuis plusieurs années, le Kenya devance l'Éthiopie en termes de produit intérieur brut nominal, selon les dernières projections du Fonds monétaire international. Une inversion de tendance qui s'explique en grande partie par la forte dépréciation du birr éthiopien, et qui replace Nairobi comme la capitale économique incontestée d'Afrique de l'Est.
135,9 milliards de dollars : le Kenya reprend la tête
Selon le World Economic Outlook du FMI, le PIB nominal du Kenya atteignait 135,92 milliards USD en 2025, contre 126,35 milliards pour l'Éthiopie. L'écart — 9,57 milliards de dollars — peut paraître modeste, mais il marque un tournant symbolique et stratégique pour la région. En croissance réelle, le Kenya a progressé de 4,6 % en 2025. Au deuxième trimestre 2026, l'économie kényane a accéléré à +5,1 % en glissement annuel, l'un des meilleurs résultats récents du pays.
La dépréciation du birr, facteur décisif
L'Éthiopie affichait encore un PIB de 210 milliards USD en 2024. La contraction de près de 40 % en dollars courants n'est pas le reflet d'un effondrement de l'activité réelle — la croissance éthiopienne reste solide à 9,2 % — mais de la libéralisation du taux de change imposée dans le cadre d'un programme du FMI. Le birr a massivement perdu de sa valeur, réduisant mécaniquement la taille de l'économie en dollars. Le Kenya, dont la monnaie a mieux résisté, en sort gagnant dans les classements.
Nairobi, hub régional confirmé
Au-delà du chiffre, le Kenya consolide son positionnement comme carrefour commercial, technologique et financier pour l'Afrique de l'Est. Le pays est désormais classé 7e économie du continent africain. Ses secteurs porteurs — télécommunications, services financiers, agri-business, tourisme — continuent d'attirer les investisseurs étrangers. Pour les acteurs de l'Océan Indien, Nairobi représente une porte d'entrée incontournable vers un marché est-africain de plus de 500 millions d'habitants.
Pourquoi c'est important
Ce reclassement a des effets concrets : accès aux financements internationaux, perception du risque pays, attractivité pour les IDE et capacité de négociation dans les blocs régionaux comme l'EAC et le COMESA. Pour les entreprises de l'Océan Indien qui visent une expansion continentale, il confirme que le Kenya reste la porte d'entrée privilégiée vers l'Afrique de l'Est.